Le mot du lundi: idoine

Idoine (du latin idoneus qui signifie « approprié, propre à »): selon le Larousse en ligne et le Trésor de la langue française (je vous donne les liens en dessous), il s’agit d’un terme ironique, utilisé par plaisanterie ou/et moquerie. S’il appartenait auparavant au registre soutenu, il relève aujourd’hui du registre familier. Il est défini comme ce « qui convient exactement à la situation ».

Sources: http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/idoine/41459 et http://stella.atilf.fr/Dendien/scripts/tlfiv5/advanced.exe?8;s=2740763970.

Passez une bonne journée!

Le mot du lundi

Une fois n’est pas coutume, il est l’heure de vous confier le mot du lundi. Il s’agit d’un terme utilisé fréquemment en littérature, et surtout au théâtre: l’hypotypose

Hypotypose: n.f., du grec hypotyposis, « esquisse, tableau ». Cette figure de rhétorique est employée pour évoquer une scène si bien décrite qu’elle en paraît vivante, animée. Voir par exemple dans Athalie (Racine), Acte II, scène 5, la première réplique d’Athalie, après celle de Mathan:

« Prêtez-moi l’un et l’autre une oreille attentive.

Je ne veux point ici rappeler le passé,

Ni vous rendre raison du sang que j’ai versé.

Ce que j’ai fait, Abner, j’ai cru devoir le faire.

(…)

Je jouissais en paix du fruit de ma sagesse.

Mais un trouble importun vient depuis quelques jours

De mes prospérités interrompre le cours.

Un songe (Me devrais-je inquiéter d’un songe?)

Entretient dans mon cœur un chagrin qui le ronge.

Je l’évite partout, partout il me poursuit.

C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit.

Ma mère Jézabel devant moi s’est montrée,

Comme au jour de sa mort pompeusement parée.

Ses malheurs n’avaient point abattu sa fierté.

Même elle avait encor cet éclat emprunté,

Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage,

Pour réparer des ans l’irréparable outrage.

Tremble m’a-t-elle dit, fille digne de moi.

Le cruel Dieu des Juifs l’emporte aussi sur toi.

Je te plains de tomber dans ses mains redoutables,

Ma fille. En achevant ces mots épouvantables,

Son Ombre vers mon lit a paru se baisser.

Et moi, je lui tendais les mains pour l’embrasser.

Mais je n’ai plus trouvé qu’un horrible mélange

D’os et de chairs meurtris, et traînés dans la fange,

Des lambeaux pleins de sang, et des membres affreux,

Que des chiens dévorants se disputaient entre eux. »

Athalie0002

Bonne soirée!

Souvenir fugace

Souviens-toi

C’est si loin maintenant et pourtant

Tes mots me suivent et me poursuivent.

Souviens-toi, Paris, Lisbonne, notre complicité, nous dégustions nos glaces, nous rêvions du Hilton, nous lorgnons les palaces…

Souviens-toi les suites pour violoncelle de Bach que j’écoutais en boucle et que tu adorais, et puis que tu aimais, et que tu aimais moins, et finalement que tu ne pouvais plus supporter…

Souviens-toi nos virées aux Galeries Lafayette, notre shopping effréné, il fallait bien s’habiller pour les premiers entretiens

Costume cravate tailleur souliers vernis

Je me mirais dedans et je te rejoignais

Parmi les portants croulant sous les vêtements griffés

Et puis un jour le premier emploi les débuts difficiles

Souviens-toi l’amertume et puis l’éloignement

Et moi qui m’en allais

Je m’effaçais

Et moi qui t’attendais

Et moi qui te perdais

Car tout s’étiole, tout fuit, tout vole.

Souviens-toi.

 

Cinq mots extraits de la presse féminine

Effortless: adj. Sans effort superflu. J’avais choisi cet extrait du site http://www.glamourparis.com: « Gigi représente vraiment la « fille Tommy » d’aujourd’hui, sa personnalité est attirante et toujours optimiste et son style est effortless et cool », a expliqué le créateur américain ».

E-shop: n.m., Enseigne de vente en ligne.

Feel-good. Adj. Se dit de quelque chose qui génère un sentiment de bien-être ou se caractérise par un sentiment de bien-être. (source: http://www.linguee.fr)

Masstige, adj. Mot-valise d’origine anglo-saxonne constitué sur la base des mots « mass » (masse) et « prestige » (prestige). Masstige désigne la commercialisation de produits de luxe et/ou hauts de gamme à des prix anormalement bas et donc plus accessibles à la masse des consommateurs. (source: http://www.e-marketing.fr)

Must have: n.m., Objet ou service estimé comme indispensable par des consommateurs. Il s’écrit avec ou sans tiret, et s’avère invariable en l’occurrence dans un contexte français.

Passez un bon week-end!

La petite fille sur la banquise, d’Adélaïde BON

Cette nuit, ne parvenant pas à dormir à cause de la chaleur, j’ai poursuivi la lecture de La Petite Fille sur la banquise, commencé hier soir. Les premiers mots qui me viennent? Dur, poignant.

Ce livre retrace, tel un témoignage mêlant la troisième personne et le « je », les années qui suivent l’agression sexuelle de la narratrice qui se confond avec l’auteur, Adélaïde Bon. De son enfance, sa jeunesse jusqu’à l’âge adulte, on apprend surtout son désarroi, son enfermement avec les méduses, ces obsessions qui lui collent à la peau, et puis « son corps qu’elle traîne » (p.81). C’est infiniment douloureux.

La jeune femme joue la joie de vivre, leurrant ainsi ses proches à son insu: car « [d]e jour en jour, les méduses se propagent » (p.21).

Elle essaie des thérapies, nombreuses et variées, qui la mènent à comprendre que ce qu’elle a vécu n’est pas une agression sexuelle, mais un viol. Elle décide de faire requalifier ainsi son agression. S’ensuit alors un long chemin entre les experts, ses thérapeutes, mais aussi d’autres victimes, pour aller jusqu’au procès.

L’énonciation est très particulière, le « elle » marquant une prise de distance équivoque, relayé par le « je », plus rare, tout aussi intime.

Je n’ajoute rien de plus. J’ai du mal à être objective, je suis encore toute bouleversée par ma lecture.

La petite fille0004