Le mot du lundi : aposiopèse

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai choisi le substantif féminin aposiopèse.

Ce terme vient du latin aposiopesis et du grec ancien Ἀποσιώπησις (de ἀπὸ et σιωπᾶν), « se taire ».

Une aposiopèse est une figure de rhétorique. Elle consiste à interrompre une phrase soudainement.

Ce procédé traduit ainsi :

  • une émotion ;
  • une hésitation ;
  • une menace.

Par exemple : Il me semble honnête, toutefois…

Enfin, on appelle aussi aposiopèse « réticence ».

A bientôt !

PS : Si vous souhaitez voir le mot du lundi en vidéo, c’est par ici : https://www.facebook.com/115617693229165/videos/707158219956530

Les cinq mots de la presse féminine

Bonjour,

Ces derniers jours j’ai consulté quelques sites féminins en ligne et j’y ai découvert des pépites en matière de linguistique.

En lisant le Elle du 22 février, j’ai pour la première fois découvert la tendance « squircle » dans un article intitulé « Tendance wavy, ou quand la folie des ondes déferle sur la déco ». Il s’agit tout simplement de meubles et d’objets de décoration présentant des ondulations.

Biba, 22 février : « Beauté : zoom sur le micro-needling, la technique révolutionnaire pour retrouver une peau parfaite ». Le micro-needling est défini comme un soin non-invasif réalisé avec un petit rouleau ou roller, doté de micro-aiguilles qui microperforent les différentes couches du derme.

Toujours sur le Biba en ligne, du 20 février cette fois-ci, le « halo eyes » évoqué dans l’article porte sur les sourcils parfaits. Il s’agit de… maquillage, qui consiste notamment à jouer avec les ombres à paupières, « pour éclairer le centre de la paupière mobile et créer une sorte d’halo lumineux ».

Sur le Elle en ligne du 18 février, j’ai découvert une variante de l’adjectif qualificatif « chic ». Il s’agit du « verbe » « chic-iser » : « AJX Armani Exchange, la marque qui a chic-isé le streetwear ». Rien de révolutionnaire me direz vous, mais très intéressant d’un point de vue linguistique, en matière de terminologie.

Enfin, à nouveau sur le site de Elle en ligne (4 février), un article a retenu mon attention. On quitte le monde des cosmétiques pour s’intéresser à la mode. Il s’agit ici du « V bottoms », « une manière tendance de porter la jupe ». Ne voyant pas vraiment comment vous décrire la technique sans visuel, voici ce que j’ai pu lire quelques lignes plus bas : « Le haut de la jupe longue est coupé de telle sorte à ce qu’il forme la lettre V. Si pour certain le V se dessine par le biais de la couture, certains designers préfèrent ajouter deux fils à une jupe taille basse ».

Pour approfondir ces sujets girly (oui je voulais le placer celui-là), je vous laisse vous référer données idicatives.

À bientôt !

Le mot du lundi : acribologie

Bonjour ! Aujourd’hui je vais vous expliquer le terme acribologie.

Ce substantif féminin est un mot très rare : on ne le trouve guère dans les dictionnaires d’aujourd’hui. Cet article sera donc des plus concis.

Passons à l’essentiel : acribologie, qu’est-ce que cela veut dire ?

Il s’agit d’un souci de précision dans le choix des mots que l’on emploie.

Pour ce qui est de son étymologie, acribologie vient du grec ancien akribeia, « exactitude », « soin minutieux ».

Exemple : ce rédacteur a une certaine propension à l’acribologie.

Ce qui veut dire, en somme : ce rédacteur choisit minutieusement ses mots.

(Source de la définition : page Facebook du Robert)

A lundi prochain !

Le mot du lundi : acroamatique

Acroamatique, ou quand la signification d’un mot se trouve essentiellement dans des documents fouillés parmi des termes abscons appartenant à la métaphysique !

J’ai trouvé le sens de l’adjectif acroamatique dans le Littré. Il s’agit d’un terme grec (« entendre ») venant de l’antiquité.

Il signifie « qui est reçu par l’oreille ». Le Littré précise que l’enseignement acroamatique correspond à l’enseignement oral – il renvoie à l’enseignement d’Aristote – par opposition à l’enseignement par les livres.

Ainsi le maître qui communiquait de vive voix à ses élèves initiés leur délivrait un enseignement profond, qui ne figurait donc pas dans les livres et leur était exclusivement destiné (pas de vulgarisation).

Trois points pour aller plus loin :

  • au sujet d’Aristote, j’ai lu qu’il traitait de questions métaphysiques le matin à ses seuls initiés, et le soir, il abordait des thèmes concrets accessibles au public ;
  • j’ai aussi lu qu’être acroamatique ne nécessite pas forcément de devoir être prouvé par les sens ;
  • enfin il est essentiellement question du travail cognitif dans les disciplines de la raison pure (si vous souhaitez poursuivre…). 

Bonne journée !

Un texte au vocabulaire rare 2/2 avec définitions

Vous l’attendiez ? (ou pas), voici la suite et fin de l’aventure finement rocambolesque de notre jeune femme et son interlocuteur : encore une fois, le verbe y est mis à l’honneur !

Il fut plus prompt que moi à jaspiner[1], quoique ce fût laconique[2]. Si je réalisai alors que je le lanternais[3], j’hésitai entre adopter une attitude laudatrice – je pouvais alors le lénifier[4] – et le lazzi[5]. Je lui coulai un regard dépourvu d’indulgence : il me parut vaguement leptosome[6], non sans un œil libidineux.

S’ensuivit une singulière logomachie[7], chacun de nous s’abîmant dans une improbable logorrhée[8]. Il ne me fut guère loisible de louvoyer[9] : le malandrin[10] se mit à me lutiner[11], louant mon corsage mamelu. Je ne pouvais faire preuve de mansuétude[12] face à une telle injure ! « Margoulin[13] ! », m’écriai-je, outrée. Son œil lubrique parcourut ma personne. Il n’était là point question de marivaudage.

J’étais déjà en proie à une ire ineffable face à ce maroufle[14]. Ce dernier devint marri[15]. Son mastroquet[16] devait lui manquer, à ce matamore[17] devenu soudainement melliflu[18] !

Je voulus mettre fin à nos échanges, mais il se montra plus empressé qu’une mentule[19]. Je pensai avec mélancolie aux mirliflores[20] qui s’empressent toujours à mes côtés, leur comparant ce misanthrope. Il brandit des miscellanées[21] ! je fus comme abasourdie, pensant qu’il versait dans la misologie[22], ou tout du moins dans le misonéisme[23] !

Ma morgue[24] s’atténua et je cessai de le morigéner[25], alors qu’une seconde antérieure je voulais le mornifler[26]. Il me sembla mortifère mais… peu délicat : il se dit dans la mouscaille[27] et la nescience[28]. La munificence[29] dont je fais d’ordinaire état se manifesta. Allais-je musarder[30], cédant à la nitescence[31] qui fondit sur moi ? Notre rencontre tournait à l’oaristys[32]

Je tentai nonobstant l’objurgation[33], sans me montrer pour le moins oblative[34]. Mes propos furent toutefois obséquieux. L’attitude de l’homme n’était guère obvie[35]. Me prenait-il pour son odalisque[36] ? son probable œnolisme[37] me revint à l’esprit. La situation n’était en rien onirique. Je le couvris quelque peu d’opprobre, récitant à voix basse une oraison[38]. L’homme se dévêtait, montrant soudain ses oripeaux[39] ! Je choisis l’ignorance.

Moult interrogations m’assaillirent. Avais-je fait preuve d’outrecuidance[40] en le patafiolant[41] ? lui semblait en pleine palingénésie[42].

Je me confondis en palinodies[43], lui en éloge panégyrique : j’étais un parangon[44] de vertu, lui pérégrinait[45]. Le son de sa voix fléchit en une péroraison[46]. Il voulut pétuner[47].

Je doutai : était-il le philistin[48], le pouacre[49] que je croyais ? certes il plastronnait[50], mais de là à le considérer comme un pleutre… S’il m’avoua être écrivain, je sus aussi qu’on le jugeait plumitif[51]. Il énumérait pléthore poncifs ; je versais dans l’affect : allais-je le poulotter[52] ? son attitude primesautière[53] me toucha, mais j’hésitais toujours devant sa privauté[54].

Je me perdais en prolégomènes[55], usant de prolepses et analepses, discourant de manière par trop prolixe voire versant dans le psittacisme[56].

Ma pudibonderie[57] était troublée et perdait en pugnacité[58]. Ecrivain, purotin[59], prosélyte… qui était ce monsieur ? Il me parut pusillanime, je devenais putativement putassière[60]. Il sembla enclin à quémander une faveur : peut-être participer au prochain raout[61] organisé par le comité dont monsieur mon père était le président ?

L’homme dodelinait de la tête, ratiocinant[62]. Il se perdit soudain en remembrances[63], évoquant sa carrière de rimailleur[64]. J’en profitai pour l’étudier de plus près, tant il avait perdu en rodomontade[65] : plutôt replet[66] finalement – quand je l’avais vu leptosome –, voire stéatopyge[67], il ne s’avérait pas si rogue[68], ni rosse[69] d’ailleurs. Ses joues étaient rubicondes[70].

Ses propos se mêlaient en un salmigondis[71]. Je le pris pour un satrape[72] déchu, tant ses mots me semblaient tantôt scurriles[73], tantôt plaintivement sempiternels. A ses côtés, je me sentis sémillante[74]. J’envisageai alors fugacement de le semondre[75] dans le manoir de monsieur mon père à qui je pourrais l’introduire.

Toutefois l’homme me serinait[76], ses paroles versant dans le sibyllin… Je finis par le considérer comme simiesque[77], je jetai alors un œil à son sinciput[78]. Rien ne me choqua, pourtant il multipliait les solécismes[79]. Après avoir énoncé quelques sophismes abscons, il se mit à soliloquer[80]. Je doutai soudainement de moi-même : étais-je finalement spécieuse[81] ? Peut-être cet homme était-il un sycophante[82] ? Avait-il spolié[83] quiconque ? souffrait-il de sternutation[84] ? avait-il été stipendié[85] ? vivait-il dans le stupre[86], le sybaritisme[87] ? je subodorais[88] quelque méfait superfétatoire[89]. Je supputais[90] quelque aventure surérogatoire[91] et surannée !

Il ne me talait[92] point ceci étant, quoiqu’il targuât un tantinet de manière des plus tartarinesques ! 

Et moi, drapée dans la vertu que l’on me connaît et que l’on me reconnaît, je tergiversais, priant pour la venue d’un thaumaturge[93] qui me délivrerait du mal.

Je pensais me montrer thuriféraire[94], quand j’entendis une clochette tintinnabuler. Une amie du couvent des oiseaux au bec long (le couvent, non l’amie) s’approchait. Elle jeta en œil torve à mon compagnon et se mua en truchement[95].

« Quel homme truculent[96] ! », s’indigna-t-elle. « Hortense, n’avez-vous vu cette, ce, cette tumescence[97] ? ». Je rougis et me tus. Elle s’abîma alors dans une turlutaine[98] fort injurieuse. C’est là que je réalisai qu’elle était turpide[99] ! sans doute autant que moi hélas ! la vacuité de ses propos me choquait. Elle se mit même à vagir[100] ! sa vaticination[101] me rendait valétudinaire[102]. Quelles étaient ses velléités ? Son verbiage[103] sans vergogne me rendit versatile[104]. Versait-elle dans la vésanie[105] ?

Mes humeurs vespérales avaient changé. Pourquoi ergoter ainsi sur des vétilles[106] ? je n’étais pas veule[107]. Mon amie en revanche méritait d’être vilipendée[108]. Je la laissai vitupérer[109] avec volubilité. Je me fis le zélateur[110] de l’homme qui me retenait depuis un temps fort long. Et puis soudain le vespéral silence se tut lui-même lorsque nous entendîmes une fauvette zinzinuler[111] dans les frondaisons d’un noyer : nous échangeâmes alors un sourire au pied de l’arbre frissonnant.


[1] Parler

[2] Succinct

[3] Perdre son temps

[4] Apaiser

[5] Moquerie bouffonne

[6] Longiligne

[7] Discours creux

[8] Flux de paroles

[9] Prendre des détours pour atteindre un but

[10] Voleur

[11] Taquiner (érotiquement)

[12] Disposition à pardonner

[13] Individu peu scrupuleux

[14] Homme grossier

[15] Triste, fâché

[16] Café populaire

[17] Personnage hâbleur

[18] Suave

[19] Sangsue de mer

[20] Jeune élégant prétentieux

[21] Recueils

[22] Haine du logos

[23] Hostilité au changement

[24] Contenance hautaine

[25] Sermonner

[26] Gifler

[27] Situation difficile

[28] Ignorance

[29] Grandeur dans la générosité

[30] Perdre son temps

[31] Clarté

[32] Entretien amoureux

[33] Prière pressante

[34] Qui pousse à se sacrifier

[35] Qui vient naturellement à l’esprit

[36] Femme d’un harem

[37] Alcoolisme au vin

[38] Prière

[39] Vieux habits avec un reste de clinquant

[40] Confiance excessive en soi

[41] Maudire

[42] Retour à la vie

[43] Conclusion

[44] Modèle

[45] Voyager par fantaisie

[46] Discours creux

[47] Fumer

[48] Personne de goût vulgaire

[49] Personne repoussante

[50] Parader

[51] Mauvais écrivain

[52] Dorloter

[53] Spontané

[54] Familiarité

[55] Principes préliminaires à l’étude d’une question

[56] Répétition mécanique

[57] Pudeur excessive

[58] Combativité

[59] Personne misérable

[60] Digne d’une prostituée

[61] Fête mondaine

[62] Se perdre en raisonnements subtils

[63] Souvenirs

[64] Mauvais poète

[65] Fanfaronnade

[66] Qui a de l’embonpoint

[67] Qui a de grosses fesses

[68] Coquin

[69] Dur

[70] Très rouge

[71] Mélange disparate et incohérent

[72] Homme puissant

[73] Grossier

[74] D’une vivacité, d’un entrain plaisants

[75] Convier

[76] Ennuyer

[77] Qui évoque le singe

[78] Partie supérieure de la voûte du crâne

[79] Emploi syntaxiques fautifs

[80] Parler tout seul

[81] Sans valeur

[82] Espion

[83] Dépouiller

[84] Eternuement

[85] Corrompre

[86] Débauche

[87] Recherche des plaisirs de la vie

[88] Deviner

[89] Qui s’ajoute inutilement

[90] Evaluer

[91] Supplémentaire

[92] Importuner

[93] Faiseur de miracles

[94] Flatteur

[95] Personne qui parle à la place d’une autre

[96] Qui a une apparence terrible

[97] Gonflement des tissus

[98] Propos sans cesse répété

[99] Qui a une certaine laideur morale

[100] Pousser de faibles cris

[101] Discours pompeux et répété

[102] Maladif

[103] Abondance de paroles vides de sens

[104] Qui change facilement d’opinion

[105] Folie

[106] Chose insignifiante

[107] Qui n’a aucune volonté

[108] Dénoncer comme vile

[109] Blâmer vivement

[110] Défenseur zélé

[111] Pousser son cri

Un texte au vocabulaire rare 1/2 avec définitions

Voici le récit d’une rencontre entre une jeune femme de bonne famille et un scélérat. On ignore plus ou moins ce qui se passe entre eux, mais la focalisation interne produit des remarques hautes en couleur et de jolis échanges entre notre narratrice et son agresseur.

Je m’en allais baguenauder[1], ayant travaillé avec quelque alacrité[2], que j’avais antérieurement bien chiadé[3], ce après avoir briffé[4], lorsque je subis sans ambages[5] aucun une violente algarade[6]. Le ton de l’individu était comminatoire[7] ; je balbutiai, serrant ma bougette[8], barguignant[9] à me retourner, tant je tremblais. Mais était-ce bien l’abstruse[10] argutie[11] à suivre ? Moi qui n’ai de comprenette[12] qu’avec parcimonie[13], ne me venaient à l’esprit que de vaines billevesées[14]. Cet interlope[15] était-il un bélitre[16] ? un béotien[17] ? j’eu si peur d’être affurée[18] ! un tel comportement agonistique[19] à mon endroit, dont la propension à l’allocentrisme[20] n’est un secret pour personne ! je frémissais de l’admonester[21].

Toutefois, nul zélateur[22] pour le moins abstème[23] ne figurait pour me sauver ! guère plus pour le conspuer[24] !

Certes je n’avais sur moi que brimborions[25] et autres colifichets[26] dans ma bougette, mais je suis cacochyme[27] ! jamais captieuse[28] !

Encore aujourd’hui, il ne m’en chaut[29] guère de connaître son nom. Ce butor[30] à l’attitude coercitive[31], pourvu d’une cacostomie[32], voulait-il me mettre en capilotade[33] ? J’entendis alors le clampin[34] clabauder[35]. Je le contemnai[36] en silence, il ne me sembla nullement contrit[37]. Je ne suis certes point une coquebine[38], toutefois je débite d’ordinaire peu de coquecigrues[39]. Je n’osai débagouler[40] ce que je pensais à cet individu délétère[41], déliquescent[42] même. Finalement, diserte[43], je m’adressai à lui, dilatoire[44] et ferme.

Je craignis qu’il fût sous dipsomanie[45] et qu’il ne s’ébaudisse[46] ; sans nul doute s’agissait-il d’un écornifleur[47], d’un égrillard[48]. Espérait-il me contraindre à une liaison ancillaire[49] ? en m’embabouinant[50] ? ou seulement en m’embobelinant[51] ? Quelle engeance[52] !

Je fus soudain prise d’équanimité[53] mais n’osai encore une fois aucun esclandre[54] face à cet escogriffe[55], que dis-je, ce faquin[56] ! mon élocution n’était point faconde[57], pourrais-je proférer des fariboles[58] ? allait-il me férir[59] ? me voler des fifrelins[60] en me flagornant[61] ?

Il me semble que j’entendais moult forfanteries[62] ! être foutraque[63] s’il en est ! Foutriquet[64] ! A ces mots que j’avais prononcés à voix haute, il faillit me fustiger[65], ce galapiat[66] ! ses propos ne composaient qu’un vague galimatias[67]. J’en déduisis qu’il était surtout galvaudeux[68], nullement gandin[69] en tout cas !

Devant mon courroux et ma crainte il se gaussa[70] bruyamment et sa gouaille[71] me fit passer pour une gourgandine[72] ! il me grenouillait[73] toutefois. Je n’osai haranguer[74] les badauds tant que me sentais hâve[75].

Impavide[76], il faillit me porter un horion[77] ! A moi, qui suis une immarcescible[78], une indéfectible[79] houri[80] ! Je m’efforçai d’ignorer son attitude insane[81], lui se répandant en invectives[82].

Je voulus jaspiner[83], me montrant finalement jobarde[84] face à ce jocrisse[85].

La suite bientôt…


[1] Se promener en flânant

[2] Vivacité et enjouement

[3] Travailler, préparer

[4] Manger

[5] Détours

[6] Attaque brusque en paroles

[7] Destiné à intimider

[8] Petit sac

[9] Hésiter

[10] Difficile à comprendre

[11] Raisonnement pointilleux

[12] Faculté de comprendre

[13] Economie extrême, minutieuse

[14] Parole vide de sens

[15] D’apparence suspecte

[16] Mendiant, vaurien

[17] Personnage lourd, grossier

[18] Voler

[19] Confrontation de rivalités

[20] Comportement ou pensée visant à privilégier autrui

[21] Réprimander sévèrement

[22] Partisan ou défenseur zélé

[23] Qui s’abstient de boire de l’alcool

[24] Manifester bruyamment

[25] Petit objet de peu de valeur

[26] Petit objet de fantaisie

[27] D’une constitution faible

[28] Qui cherche à tromper

[29] Importer

[30] Grossier personnage

[31] Qui exerce une contrainte

[32] Mauvaise haleine

[33] Ruiner de réputation

[34] Traînard

[35] Protester de manière malveillante

[36] Mépriser

[37] Qui marque le repentir

[38] Femme innocente

[39] Baliverne, absurdité

[40] Proférer

[41] Nuisible, pernicieux

[42] En complète décadence

[43] Qui parle avec facilité et élégance

[44] Qui vise à gagner du temps

[45] Impulsion morbide à boire de l’alcool

[46] Se réjouir

[47] Parasite, tricheur

[48] Qui se complait dans des sous-entendus licencieux

[49] (Relations) galantes avec des servantes

[50] Séduire par des flatteries

[51] Duper

[52] Catégorie de personnes méprisables ou détestables

[53] Egalité d’humeur, sérénité

[54] Manifestation orale

[55] Homme de grande taille et d’allure dégingandée

[56] Individu sans valeur

[57] Elocution facile

[58] Propos vain et frivole

[59] Frapper

[60] Chose sans valeur

[61] Flatter bassement, servilement

[62] Vantardise impudente

[63] Fou, extravagant

[64] Personnage insignifiant

[65] Battre, blâmer

[66] Vaurien, galopin

[67] Discours, écrit confus

[68] Paresseux, propre à rien

[69] Jeune homme d’une élégance excessive

[70] Se moquer ouvertement

[71] Attitude insolente et railleuse

[72] Femme facile

[73] Intriguer

[74] Adresser une harangue

[75] Amaigri et pâli

[76] Qui n’éprouve ou ne montre aucune crainte

[77] Coup violent

[78] Qui ne peut se flétrir

[79] Qui dure toujours

[80] Femme belle et sensuelle

[81] Qui est contraire au bon sens

[82] Parole ou suite de paroles violentes

[83] Parler

[84] Crédule jusqu’à la bêtise

[85] Benêt, nigaud

Le mot du lundi : ampliation

Un peu de pragmatisme : voici un terme qui nous vient du droit administratif !

Le substantif féminin ampliation est apparu au XIVe siècle. Il est emprunté du latin ampliatio, « requête d’un complément d’enquête (entrainant la suspension du jugement) ».

Dans le domaine du droit, ampliation (terme vieilli) renvoie au fait de développer, de compléter un acte.

Il s’agit également d’un duplicata authentifié d’un acte officiel. Par exemple : « l’ampliation d’une quittance ».

Enfin l’expression « pour ampliation » est une formule que l’on met au bas d’un duplicata pour l’authentifier.

***

Dans une toute autre acception, médicale cette fois, il s’agit également de capacité dilatable quelconque. On parle ainsi de l’ampliation de la poitrine pendant l’inspiration.

Bonne soirée !

Un texte au vocabulaire rare 1/2

Voici le récit d’une rencontre entre une jeune femme de bonne famille et un scélérat. On ignore plus ou moins ce qui se passe entre eux, mais la focalisation interne produit des remarques hautes en couleur et de jolis échanges entre notre narratrice et son agresseur.

Je m’en allais baguenauder, ayant travaillé avec quelque alacrité, que j’avais antérieurement bien chiadé, ce après avoir briffé, lorsque je subis sans ambages aucun une violente algarade. Le ton de l’individu était comminatoire ; je balbutiai, serrant ma bougette, barguignant à me retourner, tant je tremblais. Mais était-ce bien l’abstruse argutie à suivre ? Moi qui n’ai de comprenette qu’avec parcimonie, ne me venaient à l’esprit que de vaines billevesées. Cet interlope était-il un bélitre ? un béotien ? j’eus si peur d’être affurée ! un tel comportement agonistique à mon endroit, dont la propension à l’allocentrisme n’est un secret pour personne ! je frémissais de l’admonester.

Toutefois, nul zélateur pour le moins abstème ne figurait pour me sauver ! guère plus pour le conspuer !

Certes je n’avais sur moi que brimborions et autres colifichets dans ma bougette, mais je suis cacochyme ! jamais captieuse !

Encore aujourd’hui, il ne m’en chaut guère de connaître son nom. Ce butor à l’attitude coercitive, pourvu d’une cacostomie, voulait-il me mettre en capilotade ? J’entendis alors le clampin clabauder. Je le contemnai en silence, il ne me sembla nullement contrit. Je ne suis certes point une coquebine, toutefois je débite d’ordinaire peu de coquecigrues. Je n’osai débagouler ce que je pensais à cet individu délétère, déliquescent même. Finalement, diserte, je m’adressai à lui, dilatoire et ferme.

Je craignis qu’il fût sous dipsomanie et qu’il ne s’ébaudisse ; sans nul doute s’agissait-il d’un écornifleur, d’un égrillard. Espérait-il me contraindre à une liaison ancillaire ? en m’embabouinant ? ou seulement en m’embobelinant ? Quelle engeance !

Je fus soudain prise d’équanimité mais n’osai encore une fois aucun esclandre face à cet escogriffe, que dis-je, ce faquin ! mon élocution n’était point faconde, pourrais-je proférer des fariboles ? allait-il me férir ? me voler des fifrelins en me flagornant ?

Il me semble que j’entendais moult forfanteries ! être foutraque s’il en est ! Foutriquet ! A ces mots que j’avais prononcés à voix haute, il faillit me fustiger, ce galapiat ! ses propos ne composaient qu’un vague galimatias. J’en déduisis qu’il était surtout galvaudeux, nullement gandin en tout cas !

Devant mon courroux et ma crainte il se gaussa bruyamment et sa gouaille me fit passer pour une gourgandine ! il me grenouillait toutefois. Je n’osai haranguer les badauds tant que me sentais hâve.

Impavide, il faillit me porter un horion ! A moi, qui suis une immarcescible, une indéfectible houri ! Je m’efforçai d’ignorer son attitude insane, lui se répandant en invectives.

Je voulus jaspiner, me montrant finalement jobarde face à ce jocrisse.

La suite bientôt…

Le mot du lundi : palingénésie

Bonjour !

J’ai rencontré le terme palingénésie dans une de mes lectures abordant la figure de l’artiste chez Balzac.

Palingénésie est un mot féminin.

Il date du XVIe siècle et selon le dictionnaire de l’Académie française, il est emprunté, par l’intermédiaire du bas latin, du grec palingenesia, de même sens, lui-même composé à partir de palin-, « en arrière », et genesis, « naissance ».

Voici une définition très globale de la palingénésie : renaissance, régénération, résurrection d’un être après une mort réelle ou symbolique.

J’ai par ailleurs réuni plusieurs acceptions à partir de mes sources (Le Petit Robert et le Littré). La signification de palingénésie, plurielle, est très riche.

  • Philosophie : interprétation selon laquelle les progrès de l’histoire sont inséparables du retour d’évènements ou de types sociaux antérieurs dans un ordre donné (chez les stoïciens notamment)
  • Didactique : renaissance des êtres ou des sociétés conçue comme source d’évolution et de perfectionnement
  • Figuré et littéraire : retour à la vie
  • Phylogénétique : réapparition de caractères ancestraux (son synonyme serait alors « atavisme »)
  • Artifice d’optique à l’aide duquel on fait paraître l’image d’un objet, d’une fleur, dans un lieu où il n’existe en réalité aucun corps
  • Chimie : ancien terme de chimie, il correspond à une opération consistant à faire paraître la forme d’un corps après sa destruction.

Bon lundi !

Le mot du lundi : antienne

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai choisi de vous parler du substantif féminin antienne. C’est un terme plus complexe qu’il n’y paraît. Je vais donc m’efforcer de vous le présenter de façon synthétique, voire simplifiée.

Selon le Petit Robert et le Petit Larousse, il possède deux acceptions :

  1. en liturgie, refrain repris par le chœur entre chaque verset d’un psaume, ou chanté seulement avant et après le psaume ;
  2. chose que l’on répète, que l’on ressasse à satiété (sens figuré et vieilli). Synonymes : rengaine, refrain.

Ajoutons l’expression « annoncer, chanter une triste, une fâcheuse antienne » : annoncer une mauvaise nouvelle.

Le Trésor de la langue française (atilf.fr) ajoute une troisième acception (que l’on trouve souvent en poésie) :

3. L’expression « entonner l’antienne » signifie faire l’éloge, la louange de quelqu’un.

Étymologie

Le terme antienne est apparu au XIIe siècle. Il est emprunté du latin chrétien antefana, qui remonte au grec chrétien antiphôna, pluriel neutre de antiphônos, « qui accompagne, qui répond à » (Académie française).

En effet, à l’origine, le chant antiphoné est exécuté alternativement par deux chœurs, qui se répondent l’un à l’autre et fusionnent parfois ; c’était la pratique des chœurs dans les tragédies grecques.

En effectuant quelques recherches approfondies, je suis tombée sur un site de liturgie catholique (https://liturgie.catholique.fr) – je vous ajoute le lien si vous souhaitez davantage de précisions. J’ai relevé cette phrase :

« Dans l’usage actuel, [lors d]es antiennes de la messe (Introït, Alleluia, Offertoire, Communion) (…) le plus souvent, le refrain se suffit à lui-même ».

Passez une bonne soirée !