Les ciseaux et les rideaux

Les ciseaux et les rideaux

Par une morne journée au ciel gris souris
Des rideaux bariolés dans une mercerie
S’ennuyaient d’entendre comme une litanie
Le claquement des ciseaux sur les rubans de soie
Leur rythme cadencé et un, et deux, et trois,
Les désespéraient sans trop savoir pourquoi
C’était sans compter sur le rideau de droite
Elégant et racé dans sa cretonne étroite
Aucune de ses gestuelles n’était bien maladroite…
Attaché à sa tringle, ses plis tombaient sans heurt,
Il s’exclama alors brisant leur seul bonheur :
Chers ciseaux taisez-vous, cessez donc ce malheur !
Vous allez réveiller les plafonds et les murs !
Les ciseaux l’ignorèrent poursuivant leur allure
Que pouvaient-ils faire sinon leurs coupures ?
Le rideau humilié dans toute son infortune
Regarda son compère et ses bordures brunes :
Cela ne te fait rien qu’ils m’ignorent comme la lune ?
L’autre répondit alors, sincère et consterné :
Les ciseaux ont des dents, nous sommes dentelés,
Je n’ai aucune envie de me faire ciseler !
La vie est ainsi faite rubans, tissus, soieries
Les plus forts se gaussent de tous les démunis
Attendons qu’ils rencontrent le dieu des merceries !
Mais n’oubliez jamais vous qui êtes sans défense
La roue tourne souvent et avant qu’on n’y pense
Les ciseaux peuvent rouiller les rideaux s’en balancent…

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