Les poissons piranha #poèmesuranné #revoirl’orthographedepiranha

Les poissons piranha

Qui me mordent la peau

Les peines les chagrins qui s’égrènent

Et lancinent, hésitants

En passant

Je m’en vais

Abîmée

Mais comment regretter

Quand le vent bat son plein

La pluie

Aux âmes esseulées

Qui s’agitent

En dansant

Je suis

Caresser les lézards

Rattraper les fuyards

Assoupie pour un temps

Sereine enfin

Sous le ressac

Des vagues de mots qui m’émerveillent

Et qui m’accueillent sous les drapeaux

Dans la magie des chapiteaux

Où je me tais

Et quand s’éteint

Comme en été

Le feu des prairies embrasées

Les paillettes d’or fondent dans mes mains

Ne reste plus dans les gradins

Que la vision entrelacée

D’une écuyère abandonnée

Les vieux bouquins tombent en lambeaux

Sous la poussière de l’escabeau

Et les grimoires enluminés

Les piles de linge dans les armoires

S’ennuient dans l’ombre des encensoirs

Cueillir des fleurs se recueillir

Dans les couloirs les mystères

Se terrent

Sous leurs suaires et je ne vois

Les muses

Qui s’amusent

Et qui se rient de moi

J’ai beau vouloir et espérer

Je n’y crois pas désespérés

Les fous du rois sous leurs clochettes

Sont bien plus sages

Et les violettes dans leur douleur

Ploient sous le poids

Des ascenseurs en mal d’amour

Qui nous emmènent vers les palais

Des mille soupirs et un baiser

Las les souvenirs tous les regrets

Et les remords les faux sommets

Les jeux de dupe les jubilés

Les joueurs de flûte les jeux de jambe

Dans les palais désenchantés

Les ruines des châteaux hantés

Fantômes du soir quand tu t’en vas

Douceur des démons réveillés

Les portes qui s’ouvrent et

Les fenêtres les volets

Claquent et gémissent en grinçant

Les ombres des arbres qui se confondent

Les nuages sombres les fleurs blondes

Et dans ma tête une farandole

Des rires d’enfants des mélodies

Des faux-fuyants des hyperboles

Vouloir pouvoir y croire quand

Se laisse aller

L’instant

Que seuls savent

Sous les salves

D’applaudissements ténus

Et des cris assourdis de l’avenue

Les passants

Qui se sauvent

En criant

Comment aimer quand l’on n’aime pas

Ce que l’on est et l’océan et les palmiers

Pour oublier

Les vastes plaines

torturées

Qui voudrait bien qui ne peut pas

Et qui attend

Dans l’insomnie des jours sans fin

Tristesse des histoires sans lendemain

Les contes de fée les magiciens

Les vagues se brisent

En mille morceaux

Leurs ombres gisent sur les rochers

Eclats de rire

Eclats de verre

L’espoir tapi sous la bruyère

Rit aux éclats et les prières

Morceaux de feuille comme des cadeaux

Dissimulés au coin de l’œil

Dans les chapeaux

Se mêlent aux soupirs des rideaux

Seuls sous les larmes les brise-lames

Et les rochers ensanglantés

Dans mon empire dépareillé

Les poissons-lune les goélands

Les planches vernies du parquet

Et la rambarde de l’escalier

Toutes les illusions sont si belles

Quand la vie s’en va à vau l’eau

Le vent s’évanouit dans la nuit

Les nuages s’endorment sans un mot

Contempler les lèvres les yeux clos

Et las les fourmis le soleil

Villes, villas, monts et merveilles

Les voiles des bateaux

Voguant sous les flots

Les poissons se noient

Nul ne nous voit

Les brumes l’océan

Conduit par le vent

Les voix portent au loin

Et dans les rameaux

Rompus sur les eaux

S’assourdissent

En sourdine

Les cris des radeaux

Mordus à jamais

Pardonnées ravies

Les méduses fuient,

S’en vont intrépides

Braver les typhons

Dans la soie fanée

De leur chrysalide

Où musent affolés

Les papillons-fées

Les passants vont leurs pas résonnent

Tout bas à peine

Dans l’interphone

Et dans l’arène

Le roi la cour et les valets

Tendent l’oreille sous

Les klaxons et la sonnerie du téléphone

Se tait

Personne ne sait

Les chevaliers

Posent pieds à terre

Sur l’échiquier les pions damnés

S’en vont enterrer

Leurs regrets

Les plaies s’étirent à demi-maux

Et dans l’abîme des lendemains

Où s’entremêlent de faux desseins

S’abandonner et à défaut

Devenir fou

D’un coup d’épée

Fendre la foule

Feindre la fuite pour éperdu

Poser les pieds à corps perdu

Passer son tour lâcher la main

Des marionnettes et des pantins

S’en aller

Les fleurs me chuchotent leurs secrets

Mais je n’écoute que mes regrets

Dans le jardin la balançoire

Poussée par les démons du soir

Ne s’arrête jamais les murmures

S’allongent les pétales les tortures

Les cris des fleurs quand la nuit tombe

Les cris des pleurs quand viennent en trombe

Les maux du soir les mots barbares

Les buissons parlent les fleurs rient

Chacun se cherche et désunis

Seule je m’ennuie.

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