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Elena FERRANTE, Les jours de mon abandon

Olga, la narratrice, a trente-huit ans, elle est l’épouse de Mario et la mère de deux enfants, Ilaria et Gianni.

Le roman s’ouvre sur sa rupture – subie – avec son mari : il la quitte brusquement un jour, la laissant face à la douleur et l’incompréhension. Par-delà cette douleur, la narratrice livre ses pensées, ses sentiments, ses impressions aussi. Des impressions marquées par une conscience entravée, celle d’une femme rompue (par référence au roman de Simone de Beauvoir), abandonnée, rapidement en proie à une perception altérée du réel.

La technique narrative n’est pas sans évoquer le concept de « stream of consciousness » dont un exemple bien connu figure dans Ulysse (1922) de Joyce.

Olga dérive. Elle ne maîtrise plus rien, transformée en « pauvrette », cette voisine quittée par son époux lorsque Olga était petite, et dont la déchéance la hante. Son comportement devient irrationnel, hystérique, tant elle n’a plus de prise sur sa propre existence.

Les Jours de mon abandon, outre le roman d’une rupture, devient le récit d’une conscience sur le fil, entre folie et désarroi.

J’ai beaucoup aimé ce roman, en dépit ou pour la souffrance et la détresse qu’il décrit. En revanche, si j’ai apprécié l’écriture, le style de l’auteur, je n’oublie pas qu’il s’agit d’une traduction (par Italo Passamonti) de l’italien vers le français, certainement très fidèle, mais qui m’empêche de vous livrer un commentaire stylistique par exemple. Je suis frustrée de ne connaître l’italien pour lire ce roman dans le texte ! Ceci dit, un beau roman et un schéma narratif qui nous permet de plonger avec l’auteur dans la « presque-folie » d’Olga.