Archives mensuelles : août 2018

Le mot du lundi : ekphrasis

Depuis la définition du terme hypotypose, je souhaite vous faire partager celle du terme ekphrasis (ekphraseis au pluriel), qui lui est parfois associé.

Ce terme qui vient du grec renvoie à un « exercice rhétorique consistant dans la description détaillée d’un objet, et particulièrement d’un objet d’art ». (JARRETY, Michel, sous la dir. de, Lexique des termes littéraires, Le Livre de Poche, 2001).

Selon Françoise Desbordes, cette description « fait voir des personnes, évènements, moments, lieux, animaux, plantes, selon des règles précises concernant les aspects à examiner et l’ordre dans lequel les examiner. Le style sera adapté au sujet, et, surtout, on s’appliquera à mettre sous les yeux de l’auditeur ce dont on parle – les rhéteurs appellent cette qualité enargeia (evidentia en latin). Source : DESBORDES, Françoise, La Rhétorique antique, Hachette, 1996.

Pour aller plus loin :

DE BOZEC, Yves, « Ekphrasis de mon cœur, ou l’argumentation par la description pathétique », Littérature, 1998. Consultable sur :

https://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1998_num_111_3_2493

« Peinture et couleur dans le monde grec antique », http://arts.ens-lyon.fr/peintureancienne/antho/menu2/partie5/antho_m2_p5_01.htm

Le mot du lundi : dégoiser

Une fois n’est pas coutume, et n’étant pas très présente en ce moment, je vous retrouve toutefois pour le fameux « mot du lundi ».

Aujourd’hui j’ai choisi le terme dégoiser. Ce terme signifie « parler abondamment ». Ce verbe transitif / intransitif selon son usage, vient du substantif « gosier » précédé du préfixe « dé ». Selon le Larousse en ligne et le Cnrtl, ce terme est populaire et péjoratif et veut dire plus précisément « débiter des propos avec volubilité » (dans le sens de proférer des inepties, des injures) ou « parler avec volubilité ».

Le Littré souligne une autre signification, en parlant des oiseaux : il s’agit alors de « chanter, gazouiller ».

Pour ma part, j’ai trouvé le verbe dégoiser en lisant La Farce de Maître Pathelin (1460) :

« Et s’il vous dit : « Ce sont des balivernes, il vient de me quitter à l’instant ! », « Hélas ! ferez-vous, ce n’est pas le moment de plaisanter ! », et vous le laisserez dégoiser, car il n’obtiendra rien d’autre ».

Le mot du lundi : atermoyer

Le verbe atermoyer provient de l’ancien français « termoier », vendre à perte, différer. Selon le Larousse, il s’agit de remettre les choses à plus tard, de gagner du temps par des faux-fuyants.

Le CNRTL est plus précis : il distingue deux emplois, transitif et intransitif. Dans le premier cas, atermoyer signifie « prolonger les termes d’un paiement, ou encore retarder, renvoyer à plus tard quelque chose ». Dans le second cas, ce terme veut dire « demander ou chercher à obtenir des délais, différer pour gagner du temps ».

Pour ma part, je le retiens grâce à ses synonymes, différer, voire procrastiner.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : apophtegme #clind’oeilàJeanne

Aujourd’hui j’ai choisi un terme que l’on rencontre rarement, qui m’a été suggéré par Jeanne, une amie du lycée. Il s’agit d’apophtegme.

Ce terme vient du grec apophtegma, qui signifie « précepte, sentence ».

Dans l’Antiquité, c’était une parole, une sentence mémorable exprimée de façon concise et claire.

Synonymes : aphorisme, maxime

Par extension, selon le Trésor de la langue française (atilf.fr), ce terme plutôt péjoratif renvoie à une formule concise sur un sujet considéré comme important par celui qui parle, mais qui est en réalité banal.