Archives mensuelles : juillet 2020

Baladinages et paraphrastes, la « traduction »

Plaisanteries bouffonnes de mauvais goût et auteurs de paraphrases

Chaque matin, j’envisage la journée qui se profile et je prie pour ne pas être considérée comme une petite guenou ! Point de plaisanteries bouffonnes de mauvais goût, je ne m’occuperai pas de balivernes non plus. Certes je ne suis guère quelqu’un qui chipote. Mon humeur accorte pourtant n’est plus à prouver.

Le credo : ne pas rencontrer quelqu’un qui abuse. Ni qui use de faux-fuyants ! Et fuir ceux qui larmoient ! Sinon, les honorer du titre de monseigneur à seule fin de les confondre !

Même si cela n’est qu’un moyen de distraire, d’amuser, je sors à l’ouïe d’une petite musique.

Qui donc vais-je recevoir avec courtoisie ce jour ?

Mais qui vois-je ? Cette faculté d’apercevoir n’est pas sans me contrarier. Je risque d’être rendue sotte, tant il aime à attiser ! C’est aussi quelqu’un qui convoite… Mais qui, par trop, ne respecte pas les pratiques religieuses. Je penserai à attacher une indulgence et une prière à mon chapelet tout à l’heure. Je ne puis m’empêcher de mouvoir mes jambes deçà et delà… dont je dissimule pudiquement les parties charnues. J’imagine moult ébaudissements tout en taisant mon habitude de chicaner. Je m’adonne au marinisme, style affecté et précieux, à la préciosité, au bel esprit en somme ! C’est l’inverse lorsque l’on rencontre un vieillard respectable tel Nestor, et non un homme simple et borné qui s’amuse à des choses de rien à tout va. Sans parler de sa médiocrité : un poète médiocre ne saurait me plaire !

Quand j’emploie des mots surannés

Baladinages et paraphrastes

Chaque matin, j’envisage la journée qui se profile et je prie pour ne pas être considérée comme une guenuche coiffée ! Point de baladinages, je ne balivernerai pas non plus. Certes je ne suis guère une chipotière. Mon accortise pourtant n’est plus à prouver.

Le credo : ne pas rencontrer d’abuseur. Ni de biaiseur ! Et fuir les larmoyeurs ! Sinon, les monseigneuriser à seule fin de les confondre !

Même si cela n’est qu’une amusoire, je sors à l’ouïe de la musiquette.

Qui donc vais-je conjouir ce jour ?

Mais qui vois-je ? Cette apercevance n’est pas sans me contredire. Je risque d’être assotée, tant il est attiseur ! Il est aussi convoiteux… Mais par trop indévot. Je penserai indulgencier mon chapelet tout à l’heure. Je ne puis m’empêcher de brandiller des jambes… dont je dissimule pudiquement la charnure. J’imagine moults ébaudissements tout en taisant mon ergoterie. Je m’adonne au marinisme, au gongorisme, à l’euphuisme en somme ! C’est l’inverse lorsque l’on rencontre un Nestor, et non un Nicodème qui nigaude à tout va. Sans parler de sa médiocrité : un poétereau ne saurait me plaire !

Telle une dramatiste, je prie pour ne jamais me dépopulariser. Ma beauté est imployable… J’avoue ma propension à l’incorrigibilité. Philotechnique, outre mes atouts charnels, je joue persévéramment les paraphrastes.

Nul ne sait toutefois la futurition.

Il ne s’agit point de jaboter ! (le mot du lundi)

Bonjour !

Nous allons considérer le verbe jaboter selon deux catégorisations :

  • sens propre versus sens figuré ;
  • emploi intransitif versus emploi transitif.

Au sens propre, jaboter signifie « pousser des cris en secouant le jabot », le sujet étant un oiseau (CNRTL, Le Petit Robert, Le Petit Larousse).

Au sens figuré, il s’agit de bavarder, verbe coloré de diverses nuances comme nous allons le voir maintenant, en croisant les significations données par mes sources.

  • Emploi intransitif :
    • « bavarder sans arrêt de façon plus ou moins futile ou oiseuse » (CNRTL). Les synonymes sont alors « babiller », « jaser », « cancaner », ces deux derniers verbes étant péjoratifs ;
    • « parler beaucoup, d’une voix peu élevée et de choses peu intéressantes » ;
    • « bavarder à voix basse, généralement pour médire des autres » (Le Petit Larousse).
  • Emploi transitif, rare :
    • « parler maladroitement (une langue) » (synonyme : baragouiner) ;
    • « dire, raconter (avec une intention malveillante) » ;
    • « bavarder sans fin, de choses inintéressantes ou mesquines » (Académie française).

Remarque : Le Petit Larousse ne mentionne pas le sens propre du terme.

À retenir :

Lorsque l’on jabote, c’est généralement pour médire, parler de futilités, et souvent à voix basse. C’est aussi parler une langue étrangère maladroitement.

Si on est un oiseau (lol), « on jabote » signifie que l’on pousse des cris en secouant le jabot.

Passez un bon lundi !

Je vous sais gré / Je vous suis gré ?

Bonjour !

Je poursuis ma traque des tournures incorrectes, des erreurs et autres maladresses.

Aujourd’hui il s’agit d’une expression composée du terme gré, du latin gratum, neutre de gratus, « agréable, bienvenu ».

On ne dit JAMAIS : « *Je vous serais gré de votre aide et de votre soutien quand bien même nous échouerions ».

On dit : « Je vous saurais gré de votre aide et de votre soutien quand bien même nous échouerions ».

L’erreur constatée provient bien souvent de la prononciation proche des deux expressions, qui induit une hésitation.

Ainsi la tournure correcte, savoir gré à quelqu’un de quelque chose, signifie « avoir de la reconnaissance pour quelqu’un ». Ajoutons enfin qu’il s’agit d’une expression soutenue.

Passez une bonne journée !

Le mot du lundi : psittacisme

Bonjour !

J’ai choisi de vous parler ce matin du substantif masculin psittacisme.

J’ai retenu les deux définitions proposées par le CNRTL parce qu’elles m’ont semblé les plus complètes. Il s’agit donc :

A. (péjoratif) fait de répéter quelque chose comme un perroquet en raisonnant sans comprendre le sens des mots que l’on utilise ; en particulier, récitation mécanique de mots, de phrases, de notions dont le sens n’a pas été compris ou a été mal assimilé ;

B. c’est aussi, selon le CNRTL mais aussi pour le Petit Robert et le Trésor de la langue française, un trouble du langage en psychopathologie. Il consiste à répéter sans raison ce que l’on a entendu ou lu sans même le comprendre. Ces mêmes sources font également référence au terme « écholalie ».

Ceci me conduit à formuler deux remarques :

  • le verbe psittaciser existe, même s’il est rare. Sans surprise, c’est un verbe intransitif qui signifie « pratiquer le psittacisme, répéter machinalement comme un perroquet, sans réfléchir » ;
  • l’Académie française ne fait référence, dans la version actuelle de son dictionnaire, qu’à l’acception psychopathologique déjà mentionnée (le psittacisme est un trouble du langage) mais souligne toutefois que par extension, « dans un écrit, [il s’agit d’une] reprise, [d’une] répétition de propos, de formules d’autrui ». Cette définition introduit donc une notion complémentaire.

Qu’en est-il dès lors de l’étymologie de psittacisme ?

Il s’agit d’un dérivé savant du latin psittacus, lui-même emprunté du grec psittakos, « perroquet ». Voilà un point facile à retenir !

Passez un bon lundi !

Je traque les tournures incorrectes

En voici deux, de plus en plus employées à l’oral : une tournure avec le verbe partager et la seconde avec le substantif « base ».

  • L’emploi du verbe partager tel que le montre cet exemple est incorrect :

*Je vous partage cette photo.

La tournure correcte est la suivante : partager quelque chose avec quelqu’un.

  • De base / à la base

Je pensais avoir traqué une erreur là où il y en avait deux !

  1. L’expression « de base » est fautive lorsqu’elle veut remplacer « à la base ». On ne dit jamais : *De base, je suis patiente ; *De base, j’ai fait des études de gestion ;
  2. « De base » est uniquement employé pour « basal », « basique » dans des expressions telles que « vocabulaire de base », « salaire de base » (Le Petit Robert) ;
  3. J’ai découvert davantage : le fait d’employer « à la base » pour exprimer « initialement, d’abord, au commencement », c’est non seulement faire preuve de familiarité, mais aussi, selon l’Académie française, commettre une erreur.

À demain pour le mot du lundi !

N.B. : L’astérisque placé à gauche indique une tournure fautive.

Merci pour / merci de ?

Le nom commun merci

On hésite souvent devant l’emploi de la préposition suivant le terme merci entre « pour » et « de ». Voici la règle :

  • Quant il s’agit d’introduire un nom commun, merci se construit avec « de ». Par exemple : Merci de ce présent auquel je ne m’attendais pas. Merci de ta visite.
  • Devant un infinitif, la question ne se pose pas, c’est « de ». Par exemple : Merci d’être venu.
  • Toutefois, on voit de plus en plus « pour » suivre merci. Il ne s’agit pas d’une faute à proprement parler, mais d’un usage plus moderne… Par exemple : Merci pour tes efforts envers tes parents, ils sont tellement fiers que tu aies réussi.

Dès lors, qu’en est-il du verbe remercier ?

On retrouve le schéma identique.

  • Remercier se construit avec « de ».
  • Remercier « pour » est récemment admis par l’usage et renvoie à une tournure populaire.
  • Enfin remercier suivi d’un verbe à l’infinitif se construit exclusivement avec « de ». Par exemple : Je vous remercie de m’avoir fait confiance.

Passez une bonne journée !

Le mot du lundi… tardif : irrémissible

Bonjour !

En ce début de semaine j’ai choisi l’adjectif irrémissible.

Si mes dictionnaires de référence s’arrêtent à deux significations, le CNRTL en ajoute une troisième.

Irrémissible signifie :

  1. qui ne mérite pas de rémission, de pardon (Le petit Robert, le Petit Larousse, CNRTL, Littré, Académie française). Le CNRTL précise « en particulier en raison de préceptes religieux », puis ajoute, « par exagération, inexcusable, déplacé » ;
  2. qui a un caractère définitif, irréversible (CNRTL), implacable, fatal (Le Petit Larousse) ;
  3. que l’on ne peut remettre, différer.

J’avoue être plutôt étonnée que seul le CNRTL mentionne cette dernière signification.

Quant à l’étymologie d’irrémissible, je note que ce terme est emprunté au latin chrétien irremissibilis, « irrémissible, irréparable », lui-même dérivé du verbe remittere, « remettre » (Littré), « renvoyer, concéder, faire remise de » (Académie française).

Bonne journée !

Ce que je ne vous ai pas dit…

J’ai déjà vaguement mentionné mes activités de rédaction et de correction. Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que j’ai entrepris une formation en correction en novembre dernier, et j’ai obtenu ma certification il y a tout juste deux semaines ! Je recherche donc des missions freelance de correction, ayant créé ma micro-entreprise en 2019.

Par ailleurs, mon tout premier recueil de poèmes a été publié aux éditions de Beauvilliers sous le titre Complaintes du grenier en décembre dernier.

Deux nouvelles que je tenais à partager avec vous… Et n’hésitez pas à en parler autour de vous 😉 !

Bonne journée