Archives mensuelles : janvier 2021

Le mot du lundi : catachrèse

Catachrèse, substantif féminin, relève de la rhétorique. Il s’agit d’une figure de style consistant à détourner (dictionnaire de l’Académie française), à étendre (Cnrtl) un mot de son sens propre et strict, pour l’appliquer, par analogie, à une autre réalité, à une autre idée, métaphore, métonymie ou encore synecdoque, passée dans la langue. Ce trope* est ainsi accepté dans le langage commun étant donné que la langue ne dispose pas de mot propre pour le signifier.

Le Petit Robert précise que cet usage est si courant que le terme détourné n’est plus senti comme relevant d’une figure de style : il est lexicalisé*.

Les exemples ne manquent pas :

« À cheval sur un mur », « les pieds d’une table » (Cnrtl)

« dent de scie », « fer à cheval », « feuille de papier » (dictionnaire de l’Académie française)

« pied d’une chaise », « bras d’un fauteuil » (Jarrety)

« flancs d’un navire » (Le Petit Larousse)

Le Littré précise en quoi il s’agit d’une catachrèse :

Une « feuille de papier » est plate et mince comme une feuille d’arbre ; une « glace », un grand miroir, est plane et luisante comme la glace d’un bassin.

Quant à son étymologie, le terme catachrèse est emprunté au latin catachresis, lui-même emprunté au grec katakhresis, « abus », d’où l’emploi abusif d’un mot (Cnrtl).

Passez un bon lundi !

*trope : figure de rhétorique par lequel un mot ou une expression sont détournés de leur sens propre (le Petit Robert). Métaphore, métonymie, synecdoque sont des tropes.

*lexicalisé : n’est plus senti comme une figure mais est transformé en une unité lexicale autonome (Cnrtl).

Ce que je ne vous ai pas dit…

Au fil des mots, etc.

Mon tout premier recueil de poèmes, Complaintes du grenier, est paru en décembre 2019 aux éditions de Beauvilliers ! Une nouvelle que je tenais à partager avec vous… Et n’hésitez pas à en parler autour de vous 😉 !

Bonne journée !

Voici la présentation du recueil en quatrième de couverture :

 » Le grenier grince, les fées jouent les petits rats d’opéra, les fleurs tour à tour crient, rient ou pleurent. La folie, la peur, le passé, la nostalgie, mais aussi les animaux : les thèmes, classiques, se déploient sur des vers libres. Les poèmes prosaïques côtoient les tautogrammes où les lettres, les mots s’amusent – et où les muses, espiègles, se jouent dignement du poète.

Par-delà le bestiaire, le merveilleux, l’insignifiant, il demeure, finalement, une part de rêve : à chacun de se l’approprier. « 

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Le mot du lundi : autour du VERBE !

Bonjour !

Aujourd’hui je vous propose d’aborder le VERBE (du latin verbum), dans son acception littéraire : « expression verbale de la pensée (orale ou écrite) », pour citer le Petit Robert ; « expression de la pensée par les mots » (le Petit Larousse), puis ses dérivés. Alors, comment s’y retrouver entre les termes verbalisme, verbigération, verbosité, verbalisation ou encore verbiage ? J’ai consulté mes documents habituels, voici ce que j’y ai trouvé :

Le VERBIAGE n.m.

Selon le dictionnaire de l’Académie française, il s’agit d’une abondance de paroles qui ne disent presque rien, qui contiennent peu de sens. Le Petit Larousse et le Cnrtl rejoignent cette définition, le premier proposant l’adjectif « superflu » et le substantif « bavardage » ; le second soulignant « des paroles vides de sens » et le synonyme « blablabla ».

Le VERBALISME n.m.

Pour le Petit Larousse, il s’agit de « masquer sous un flot de paroles l’indigence de ses idées » ; le Cnrtl souligne « [l’]utilisation des mots pour eux-mêmes [et l’]importance excessive donnée aux mots ; enfin le dictionnaire de l’Académie française définit le verbalisme comme le « caractère de ce qui est purement verbal, c’est-à-dire où il n’y a que des mots et pas d’idées ». En somme, retenons que les mots sont privilégiés au détriment de l’idée.

La VERBALISATION n.f.

Selon le Cnrtl, la verbalisation consiste à « bavarder, palabrer », « s’exprimer au moyen du langage » (emploi intransitif) ou « exprimer quelque chose au moyen du langage » (emploi transitif).

La VERBIGÉRATION n.f.

Verbigération vient du latin verbigerare, « se quereller », ce verbe provenant lui-même du substantif verbum, « parole ». Il relève de la psychiatrie et renvoie, pour le Petit Robert, à des « discours incohérents avec répétitions, altérations de mots et néologismes nombreux ». Le Petit Larousse précise à propos de ce « dévidage de mots ou de phrases incohérents », qu’on les « rencontre surtout dans les états démentiels ».

La VERBOSITÉ n.f.

Du bas latin verbositas, -atis, « bavardage, discours verbeux », verbosité signifie le « défaut d’une personne verbeuse » ou le « caractère verbeux » d’une chose.

Passez un bon lundi !

Les 5 mots de la presse féminine

Bonjour,

Sur le site du Elle, dans un article du 1er janvier, on peut lire « la beauté (…) kawaii, chère à la génération Z ». Kawaii, nul ne l’ignore, vient du japonais et signifie « mignon ». Il s’agit ici de jouer avec les couleurs sur ses ongles par exemple. A la même date, on relève que « côté cheveux, les techniques de tressage ont le vent en poupe ». Et de citer la « tresse bubble« . Le 5 janvier, nous découvrons le « glowssy« , « la tendance qui va détrôner le teint glowy ». Il s’agit de la contraction des termes « glow » et « glossy » : Il est précisé que « le glowssy désigne cette peau lumineuse qui a l’air incroyablement saine. » Un article du 29 décembre aborde « l’Athflow, la tendance parfaite pour l’année 2021″. Contraction de « athleisure » + « flow », l’athflow désigne un style cosy mais qui n’est pas négligé pour autant. Mentionnons enfin la tendance des « curated ears, l’art d’accumuler plusieurs boucles d’oreille ». Tout est dit !