Archives quotidiennes :

Le mot du lundi : catachrèse

Catachrèse, substantif féminin, relève de la rhétorique. Il s’agit d’une figure de style consistant à détourner (dictionnaire de l’Académie française), à étendre (Cnrtl) un mot de son sens propre et strict, pour l’appliquer, par analogie, à une autre réalité, à une autre idée, métaphore, métonymie ou encore synecdoque, passée dans la langue. Ce trope* est ainsi accepté dans le langage commun étant donné que la langue ne dispose pas de mot propre pour le signifier.

Le Petit Robert précise que cet usage est si courant que le terme détourné n’est plus senti comme relevant d’une figure de style : il est lexicalisé*.

Les exemples ne manquent pas :

« À cheval sur un mur », « les pieds d’une table » (Cnrtl)

« dent de scie », « fer à cheval », « feuille de papier » (dictionnaire de l’Académie française)

« pied d’une chaise », « bras d’un fauteuil » (Jarrety)

« flancs d’un navire » (Le Petit Larousse)

Le Littré précise en quoi il s’agit d’une catachrèse :

Une « feuille de papier » est plate et mince comme une feuille d’arbre ; une « glace », un grand miroir, est plane et luisante comme la glace d’un bassin.

Quant à son étymologie, le terme catachrèse est emprunté au latin catachresis, lui-même emprunté au grec katakhresis, « abus », d’où l’emploi abusif d’un mot (Cnrtl).

Passez un bon lundi !

*trope : figure de rhétorique par lequel un mot ou une expression sont détournés de leur sens propre (le Petit Robert). Métaphore, métonymie, synecdoque sont des tropes.

*lexicalisé : n’est plus senti comme une figure mais est transformé en une unité lexicale autonome (Cnrtl).

Ce que je ne vous ai pas dit…

Au fil des mots, etc.

Mon tout premier recueil de poèmes, Complaintes du grenier, est paru en décembre 2019 aux éditions de Beauvilliers ! Une nouvelle que je tenais à partager avec vous… Et n’hésitez pas à en parler autour de vous 😉 !

Bonne journée !

Voici la présentation du recueil en quatrième de couverture :

 » Le grenier grince, les fées jouent les petits rats d’opéra, les fleurs tour à tour crient, rient ou pleurent. La folie, la peur, le passé, la nostalgie, mais aussi les animaux : les thèmes, classiques, se déploient sur des vers libres. Les poèmes prosaïques côtoient les tautogrammes où les lettres, les mots s’amusent – et où les muses, espiègles, se jouent dignement du poète.

Par-delà le bestiaire, le merveilleux, l’insignifiant, il demeure, finalement, une part de rêve : à chacun de se l’approprier. « 

Voir l’article original