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Un texte au vocabulaire rare 1/2

Voici le récit d’une rencontre entre une jeune femme de bonne famille et un scélérat. On ignore plus ou moins ce qui se passe entre eux, mais la focalisation interne produit des remarques hautes en couleur et de jolis échanges entre notre narratrice et son agresseur.

Je m’en allais baguenauder, ayant travaillé avec quelque alacrité, que j’avais antérieurement bien chiadé, ce après avoir briffé, lorsque je subis sans ambages aucun une violente algarade. Le ton de l’individu était comminatoire ; je balbutiai, serrant ma bougette, barguignant à me retourner, tant je tremblais. Mais était-ce bien l’abstruse argutie à suivre ? Moi qui n’ai de comprenette qu’avec parcimonie, ne me venaient à l’esprit que de vaines billevesées. Cet interlope était-il un bélitre ? un béotien ? j’eus si peur d’être affurée ! un tel comportement agonistique à mon endroit, dont la propension à l’allocentrisme n’est un secret pour personne ! je frémissais de l’admonester.

Toutefois, nul zélateur pour le moins abstème ne figurait pour me sauver ! guère plus pour le conspuer !

Certes je n’avais sur moi que brimborions et autres colifichets dans ma bougette, mais je suis cacochyme ! jamais captieuse !

Encore aujourd’hui, il ne m’en chaut guère de connaître son nom. Ce butor à l’attitude coercitive, pourvu d’une cacostomie, voulait-il me mettre en capilotade ? J’entendis alors le clampin clabauder. Je le contemnai en silence, il ne me sembla nullement contrit. Je ne suis certes point une coquebine, toutefois je débite d’ordinaire peu de coquecigrues. Je n’osai débagouler ce que je pensais à cet individu délétère, déliquescent même. Finalement, diserte, je m’adressai à lui, dilatoire et ferme.

Je craignis qu’il fût sous dipsomanie et qu’il ne s’ébaudisse ; sans nul doute s’agissait-il d’un écornifleur, d’un égrillard. Espérait-il me contraindre à une liaison ancillaire ? en m’embabouinant ? ou seulement en m’embobelinant ? Quelle engeance !

Je fus soudain prise d’équanimité mais n’osai encore une fois aucun esclandre face à cet escogriffe, que dis-je, ce faquin ! mon élocution n’était point faconde, pourrais-je proférer des fariboles ? allait-il me férir ? me voler des fifrelins en me flagornant ?

Il me semble que j’entendais moult forfanteries ! être foutraque s’il en est ! Foutriquet ! A ces mots que j’avais prononcés à voix haute, il faillit me fustiger, ce galapiat ! ses propos ne composaient qu’un vague galimatias. J’en déduisis qu’il était surtout galvaudeux, nullement gandin en tout cas !

Devant mon courroux et ma crainte il se gaussa bruyamment et sa gouaille me fit passer pour une gourgandine ! il me grenouillait toutefois. Je n’osai haranguer les badauds tant que me sentais hâve.

Impavide, il faillit me porter un horion ! A moi, qui suis une immarcescible, une indéfectible houri ! Je m’efforçai d’ignorer son attitude insane, lui se répandant en invectives.

Je voulus jaspiner, me montrant finalement jobarde face à ce jocrisse.

La suite bientôt…