Archives de l’auteur : Laurence-Marie

A propos Laurence-Marie

Difficile de commencer par vous dire qui je suis. Dire ce que j'aime, ce que je réalise, accumuler les qualificatifs ne suffirait pas à vous livrer l'étendue de ma personne. Narcissisme insolent ? Peut-être, intellectuellement. Mais pas tous les jours ;) . Juste de temps en temps. Mes réalisations parleront pour moi. A vous de juger, de venir et revenir. Je vous souhaite la bienvenue ! Bonne lecture, j'ai hâte de faire votre connaissance ! :)

Le mot du lundi : lemnisque

En exégèse, le nom masculin lemnisque renvoie à un signe pour marquer une variante.

A savoir, dans l’Antiquité romaine, il s’agissait d’une bandelette enroulée sur la couronne de fleurs ou de feuillage que l’on donnait aux vainqueurs ou aux suppliants, ou dont on ceignait la tête des convives lors d’un festin (source : Cnrtl).

Lemnisque est emprunté, par l’intermédiaire du latin lemniscus, du grec lêmniskos, « bandelette, ruban ».

Le mot du lundi : afféterie

Bonjour !

Aujourd’hui, le mot du lundi porte sur le substantif féminin afféterie. Il s’agit d’un terme péjoratif.

J’ai regroupé trois définitions issues du Dictionnaire de l’Académie française, du Cnrtl et du Littré.

La définition du Cnrtl est la plus précise et la plus complète concernant l’afféterie. Il s’agit d’une « manière pleine d’affectation par laquelle, dans le dessein de plaire, on s’éloigne du naturel et tombe dans un excès de recherche superficielle ou contraire au bon goût ».

Par ailleurs, le terme afféterie s’applique à une personne mais aussi à une création artistique ou littéraire. Il existe également au pluriel, mais plus rarement : « traits qui dénotent l’affectation et le maniérisme ».

Si l’idée de plaire n’apparaît pas dans le Littré, elle figure dans la définition proposée par l’Académie française : « manière affectée de parler ou d’agir par envie de plaire ».

Enfin le Littré introduit l’adjectif « mignard » : « recherche mignarde dans les manières ou le langage ». Rappelons dès lors que l’adjectif « mignard » est un synonyme du terme « affecté ». La boucle est bouclée !

Nous pouvons alors retenir du terme afféterie :

  • affectation ;
  • excès ;
  • désir de plaire.

Passez un bon lundi !

Petit point : les verbes pronominaux

Tout d’abord, qu’est-ce qu’une forme pronominale ?

Une forme pronominale se construit avec un pronom réfléchi, soit « me », « te », « se », « nous » et « vous ».

Un pronom réfléchi désigne la même personne que le sujet.

Exemples : Je me regarde dans le miroir / Tu te regardes dans le miroir / Il se regarde dans le miroir.

La forme pronominale inclut le pronom réfléchi et le verbe.

On distingue trois constructions pronominales (réfléchie, réciproque et passive) et deux types de verbes pronominaux (verbes essentiellement pronominaux ou autonomes).

  • Les constructions pronominales
  1. La construction réfléchie

Le sujet exerce l’action sur lui-même. Dans l’exemple « Emilie se lave », Emilie est à la fois celle qui lave et celle qu’elle lave.

  1. La construction réciproque

Différents sujets exercent leur action les uns sur les autres.

Exemple : Nous nous offrons tous des cadeaux pour Noël = Nous nous offrons des cadeaux les uns aux autres. Ceci induit une réciprocité dans l’action.

  1. La construction pronominale passive

Ce type de verbe peut prendre une valeur passive.

On observe que les fournitures scolaires se vendent dès le mois de juillet = les fournitures scolaires sont vendues = on vend les fournitures scolaires…

  • Les verbes pronominaux

Il existe les verbes essentiellement pronominaux et les verbes pronominaux autonomes.

  1. Les verbes essentiellement pronominaux

Ils sont toujours à la forme pronominale : s’écrier, s’évanouir…

On les reconnaît facilement de ce fait.

Par exemple : « s’enfuir » existe alors que « enfuir » n’existe pas.

  1. Les verbes pronominaux autonomes ou verbes occasionnellement pronominaux

Ils existent aussi à la forme non pronominale, mais dans ce cas, ils revêtent un sens différent : s’ennuyer/ennuyer, se douter de/douter de…

Par exemple, le verbe « apercevoir » signifie que l’on voit quelqu’un ou quelque chose tandis que le verbe « s’apercevoir » signifie « se rendre compte, réaliser ».

Bonne soirée !

Le mot du lundi : (s’)emberlucoquer

Je vous l’avoue, mais peut-être l’aviez-vous observé, j’ai une certaine propension à choisir pour cette rubrique des mots déchus.

Aujourd’hui, ce sera un terme populaire, soit le verbe (s’)emberlucoquer.

Ce verbe, que je connais pour son apparition dans l’œuvre de Rabelais, figure dans peu de documents explicatifs, qu’ils soient en ligne ou imprimés. Il pose par ailleurs, on va le voir, un problème relatif à son caractère pronominal (pour rappel, les verbes pronominaux se conjuguent avec un pronom réfléchi « me, te, se, nous, vous ») ou non pronominal.

En effet, j’ai d’abord relevé la définition « embarrasser, troubler, remplir l’esprit de chimères », induisant qu’il ne s’agit pas là d’un verbe pronominal : absence de pronom réfléchi.

Pourtant selon d’autres sources, le verbe s’emberlucoquer semble être un verbe exclusivement ou plus précisément « essentiellement » pronominal. Ainsi dans le dictionnaire de l’Académie française de 1762, il est défini comme verbe pronominal réfléchi, terme populaire, signifiant « se coiffer d’une opinion, s’en préoccuper tellement, qu’on en juge aussi mal que si on avait la berlue ». Dans l’édition de 1798, il est notifié que ce verbe ne s’emploie qu’avec un pronom personnel.

Revenons à Rabelais. On trouve plusieurs occurrences de ce verbe dans son œuvre, notamment dans le livre I, chapitre VI :

« Ha, pour grace, n’emburelucoquer jamais vos esperitz de ces vaines pensées ».

En note de bas de page, il s’agit de « s’emplir la tête de chimères semblables à celles que les Moines ont accoûtumé de loger fous leurs capuchons de bures ».

Selon le Littré, s’emberlucoquer, verbe réfléchi, signifie « s’entêter d’une idée, s’attacher aveuglément à une opinion ».

Enfin, si son origine est inconnue, il pourrait être construit sur le terme embrouiller ou berlue, berlu, (hurluberlu) et coquer, coque, capuchon = s’encapuchonner de berlue, voir des choses qui ne sont pas.

Si cet article vous semble quelque peu sibyllin, voici ce que vous pouvez en retenir :

S’il y a controverse au sujet du caractère pronominal / non pronominal du verbe s’emberlucoquer / emberlucoquer, retenons qu’il s’agit d’un verbe familier, à l’origine inconnue, sinon fantaisiste. Retenons enfin la définition donnée par le Littré et citée plus haut : « s’entêter d’une idée, s’attacher aveuglément à une opinion ».

Bonne soirée !

Remarque : un article portant spécifiquement sur les verbes pronominaux suivra bientôt.

Thème – rhème : notions de linguistique

Bonjour !

Aujourd’hui je vous propose une une initiation à la linguistique.

En linguistique, il existe ce que l’on nomme la structuration thématique, un domaine auquel appartiennent les notions fondamentales qui nous intéressent aujourd’hui : le thème et le rhème.

Dans un acte d’énonciation, le thème (qui est souvent le sujet de la phrase, mais pas systématiquement) correspond à ce dont parle le locuteur. C’est un support notionnel, soit un élément référentiel.

Le rhème, c’est l’information relative au thème de l’énoncé. Il apporte une information nouvelle. Il est complémentaire du thème.

Exemple : dans l’énoncé « Apolline est arrivée », « Apolline » est le thème et « est arrivée » correspond au rhème.

Remarque : Il arrive que le thème soit aussi ce dont on parlait dans l’énoncé précédent. Il renvoie alors à une information ancienne, versus le rhème qui renvoie à une information nouvelle.

Passez une bonne journée !

Le mot du lundi : chape-chute

Bonjour !

Aujourd’hui je vais chercher à définir le terme chape-chute (graphie sans trait d’union pour l’Académie française) que j’ai rencontré dans les Fables de la Fontaine (livre IV) :

« Un villageois avait à l’écart son logis ; Messer loup attendait chape-chute à la porte. »

Dès lors, que signifie ce substantif féminin, supprimé de l’édition 9 du Dictionnaire de l’Académie française (mais qui était encore présent dans la huitième édition) ?

Pour le Littré, il s’agit d’une bonne aubaine due à la négligence, au malheur d’autrui ou à un accident. Aussi dit-on « attendre, chercher chape-chute ».

Ainsi la locution « chercher chape-chute », signifie « chercher l’occasion de profiter de la négligence ou du malheur de quelqu’un ».

Enfin (1) le verbe chape-chuter, s’il est peu usité ou inusité, est attesté par les dictionnaires du XIXè siècle. Il signifie alors « faire un léger bruit », « chuchoter, parler à voix basse ». Toutefois pour le Cnrtl, il y a là une confusion : ressemblance par la forme mais non par le sens.

Enfin (2), chape-chute provient de l’ancien français « cheoir ».

Bon lundi !

Un/une espèce de clown ?

Bonjour !

Le substantif espèce est féminin. C’est pourquoi, devant un nom masculin (et bien entendu devant un nom féminin) :

  • on ne dira pas « *un espèce de clown » ;
  • mais on dira « une espèce de clown ».

Petit truc pour s’en souvenir : remplacer le terme espèce par le terme « sorte ». En effet on dit « une sorte de » et non « *un sorte de ».

Il est toutefois important de noter que l’adjectif et le participe passé s’accordent avec le complément et non avec le terme espèce.

Exemples :

  • Une espèce de clown est sorti du chapiteau en titubant.
  • Une espèce de sorcière échevelée est entrée à l’improviste.

Bonne journée !

Les 5 mots de la presse féminine

Bonjour !

Aujourd’hui je vais vous parler de cinq, six termes de la presse féminine. Il s’agit du sleek bun, du fox-eyes make-up, du wokefishing, du catfish, de la pull through braid ainsi que de la box braid.

En dehors des concepts de wokefishing et du catfish, tous ces termes appartiennent au domaine de la beauté.

J’ai rencontré le terme sleek bun dans un article du Elle en ligne datant du 13 août dernier : il s’agit d’un chignon bas et porté plaqué sur le crâne.

Le fox-eyes make-up (Biba en ligne, 18 août 2020) est une nouvelle tendance dans le domaine du maquillage. Signifiant littéralement « œil de renard », cette tendance, qui consiste à étirer le regard, fait polémique. Elle rappelle en effet cette imitation bien connue et regrettable des yeux des asiatiques.

Dans le Grazia en ligne du 12 août, il est question de deux techniques de tresses, soit la pull through braid (fixée sur le cuir chevelu) et la box braid. Pour plus d’informations sur ces techniques capillaires, je vous invite à consulter le site du Grazia.

Passons aux deux concepts sociétaux.

Le wokefishing (Grazia en ligne, 18 août) repose sur le mensonge, il s’agit d’une « nouvelle façon de séduire avec des pensées politiques et sociétales que l’on ne pense pas réellement ». Ce concept inventé par la journaliste Serena Smith repose sur la contraction de « woke » (éveillé) et de « fishing » (harponner).

Ce terme fait écho au catfish, qui consiste à se faire passer pour celui/celle que l’on n’est pas en mentant sur son âge par exemple. Fausse identité, faux profil sévissent alors en ligne sur les réseaux sociaux. Sans parler de l’émission éponyme diffusée sur MTV.

À bientôt !

Le mot du lundi : salmigondis

Salmigondis est un substantif masculin.

J’ai découvert le terme salmigondis dans ma lecture du moment, La Cloche de détresse de Sylvia Plath :

« Chaque fragment de paysage n’avait aucun rapport avec le suivant.

            Quel salmigondis que le monde ! »

Que signifie exactement ce terme ?

  • le premier sens qu’il revêt est vieilli, il relève du vocabulaire de la cuisine. Il s’agit d’un ragoût composé de différentes viandes réchauffées (TLFi, CNRTL, Le Petit Robert, le Littré) ;

Notons toutefois en aparté que seul le Petit Larousse ne mentionne pas cette signification.

  • le second sens de salmigondis est familier et péjoratif. Le terme est au figuré :
  1. il s’agit d’un assemblage disparate, d’un mélange confus de choses ou de personnes.

Il se construit de la façon suivante : un salmigondis de + substantif pluriel.

Le Littré est plus précis : salmigondis se dit de choses qui n’ont ni liaison ni suite, de personnes réunies au hasard ;

2. il peut aussi être un ramassis d’idées, de paroles ou d’écrits formant un tout disparate et incohérent (synonymes : fatras, fouillis).

Enfin, l’étymologie de salmigondis ne me paraît pas très claire.

Pour le Petit Robert, ce terme est composé du radical sal, « sel » et peut-être de condire, « assaisonner ».

Selon le Littré, il pourrait s’agir du latin salgama, choses confites dans la saumure, et conditus, « assaisonné ». Toutefois le doute est permis et le Littré propose également salmis avec la syllabe gondis ou gondin qui serait de fantaisie.

Passez un bon lundi !