Archives pour la catégorie Le mot du lundi

Le mot du lundi : aposiopèse

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai choisi le substantif féminin aposiopèse.

Ce terme vient du latin aposiopesis et du grec ancien Ἀποσιώπησις (de ἀπὸ et σιωπᾶν), « se taire ».

Une aposiopèse est une figure de rhétorique. Elle consiste à interrompre une phrase soudainement.

Ce procédé traduit ainsi :

  • une émotion ;
  • une hésitation ;
  • une menace.

Par exemple : Il me semble honnête, toutefois…

Enfin, on appelle aussi aposiopèse « réticence ».

A bientôt !

PS : Si vous souhaitez voir le mot du lundi en vidéo, c’est par ici : https://www.facebook.com/115617693229165/videos/707158219956530

Le mot du lundi : acribologie

Bonjour ! Aujourd’hui je vais vous expliquer le terme acribologie.

Ce substantif féminin est un mot très rare : on ne le trouve guère dans les dictionnaires d’aujourd’hui. Cet article sera donc des plus concis.

Passons à l’essentiel : acribologie, qu’est-ce que cela veut dire ?

Il s’agit d’un souci de précision dans le choix des mots que l’on emploie.

Pour ce qui est de son étymologie, acribologie vient du grec ancien akribeia, « exactitude », « soin minutieux ».

Exemple : ce rédacteur a une certaine propension à l’acribologie.

Ce qui veut dire, en somme : ce rédacteur choisit minutieusement ses mots.

(Source de la définition : page Facebook du Robert)

A lundi prochain !

Le mot du lundi : acroamatique

Acroamatique, ou quand la signification d’un mot se trouve essentiellement dans des documents fouillés parmi des termes abscons appartenant à la métaphysique !

J’ai trouvé le sens de l’adjectif acroamatique dans le Littré. Il s’agit d’un terme grec (« entendre ») venant de l’antiquité.

Il signifie « qui est reçu par l’oreille ». Le Littré précise que l’enseignement acroamatique correspond à l’enseignement oral – il renvoie à l’enseignement d’Aristote – par opposition à l’enseignement par les livres.

Ainsi le maître qui communiquait de vive voix à ses élèves initiés leur délivrait un enseignement profond, qui ne figurait donc pas dans les livres et leur était exclusivement destiné (pas de vulgarisation).

Trois points pour aller plus loin :

  • au sujet d’Aristote, j’ai lu qu’il traitait de questions métaphysiques le matin à ses seuls initiés, et le soir, il abordait des thèmes concrets accessibles au public ;
  • j’ai aussi lu qu’être acroamatique ne nécessite pas forcément de devoir être prouvé par les sens ;
  • enfin il est essentiellement question du travail cognitif dans les disciplines de la raison pure (si vous souhaitez poursuivre…). 

Bonne journée !

Le mot du lundi : ampliation

Un peu de pragmatisme : voici un terme qui nous vient du droit administratif !

Le substantif féminin ampliation est apparu au XIVe siècle. Il est emprunté du latin ampliatio, « requête d’un complément d’enquête (entrainant la suspension du jugement) ».

Dans le domaine du droit, ampliation (terme vieilli) renvoie au fait de développer, de compléter un acte.

Il s’agit également d’un duplicata authentifié d’un acte officiel. Par exemple : « l’ampliation d’une quittance ».

Enfin l’expression « pour ampliation » est une formule que l’on met au bas d’un duplicata pour l’authentifier.

***

Dans une toute autre acception, médicale cette fois, il s’agit également de capacité dilatable quelconque. On parle ainsi de l’ampliation de la poitrine pendant l’inspiration.

Bonne soirée !

Le mot du lundi : palingénésie

Bonjour !

J’ai rencontré le terme palingénésie dans une de mes lectures abordant la figure de l’artiste chez Balzac.

Palingénésie est un mot féminin.

Il date du XVIe siècle et selon le dictionnaire de l’Académie française, il est emprunté, par l’intermédiaire du bas latin, du grec palingenesia, de même sens, lui-même composé à partir de palin-, « en arrière », et genesis, « naissance ».

Voici une définition très globale de la palingénésie : renaissance, régénération, résurrection d’un être après une mort réelle ou symbolique.

J’ai par ailleurs réuni plusieurs acceptions à partir de mes sources (Le Petit Robert et le Littré). La signification de palingénésie, plurielle, est très riche.

  • Philosophie : interprétation selon laquelle les progrès de l’histoire sont inséparables du retour d’évènements ou de types sociaux antérieurs dans un ordre donné (chez les stoïciens notamment)
  • Didactique : renaissance des êtres ou des sociétés conçue comme source d’évolution et de perfectionnement
  • Figuré et littéraire : retour à la vie
  • Phylogénétique : réapparition de caractères ancestraux (son synonyme serait alors « atavisme »)
  • Artifice d’optique à l’aide duquel on fait paraître l’image d’un objet, d’une fleur, dans un lieu où il n’existe en réalité aucun corps
  • Chimie : ancien terme de chimie, il correspond à une opération consistant à faire paraître la forme d’un corps après sa destruction.

Bon lundi !

Le mot du lundi : antienne

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai choisi de vous parler du substantif féminin antienne. C’est un terme plus complexe qu’il n’y paraît. Je vais donc m’efforcer de vous le présenter de façon synthétique, voire simplifiée.

Selon le Petit Robert et le Petit Larousse, il possède deux acceptions :

  1. en liturgie, refrain repris par le chœur entre chaque verset d’un psaume, ou chanté seulement avant et après le psaume ;
  2. chose que l’on répète, que l’on ressasse à satiété (sens figuré et vieilli). Synonymes : rengaine, refrain.

Ajoutons l’expression « annoncer, chanter une triste, une fâcheuse antienne » : annoncer une mauvaise nouvelle.

Le Trésor de la langue française (atilf.fr) ajoute une troisième acception (que l’on trouve souvent en poésie) :

3. L’expression « entonner l’antienne » signifie faire l’éloge, la louange de quelqu’un.

Étymologie

Le terme antienne est apparu au XIIe siècle. Il est emprunté du latin chrétien antefana, qui remonte au grec chrétien antiphôna, pluriel neutre de antiphônos, « qui accompagne, qui répond à » (Académie française).

En effet, à l’origine, le chant antiphoné est exécuté alternativement par deux chœurs, qui se répondent l’un à l’autre et fusionnent parfois ; c’était la pratique des chœurs dans les tragédies grecques.

En effectuant quelques recherches approfondies, je suis tombée sur un site de liturgie catholique (https://liturgie.catholique.fr) – je vous ajoute le lien si vous souhaitez davantage de précisions. J’ai relevé cette phrase :

« Dans l’usage actuel, [lors d]es antiennes de la messe (Introït, Alleluia, Offertoire, Communion) (…) le plus souvent, le refrain se suffit à lui-même ».

Passez une bonne soirée !

Le mot du lundi : catachrèse

Catachrèse, substantif féminin, relève de la rhétorique. Il s’agit d’une figure de style consistant à détourner (dictionnaire de l’Académie française), à étendre (Cnrtl) un mot de son sens propre et strict, pour l’appliquer, par analogie, à une autre réalité, à une autre idée, métaphore, métonymie ou encore synecdoque, passée dans la langue. Ce trope* est ainsi accepté dans le langage commun étant donné que la langue ne dispose pas de mot propre pour le signifier.

Le Petit Robert précise que cet usage est si courant que le terme détourné n’est plus senti comme relevant d’une figure de style : il est lexicalisé*.

Les exemples ne manquent pas :

« À cheval sur un mur », « les pieds d’une table » (Cnrtl)

« dent de scie », « fer à cheval », « feuille de papier » (dictionnaire de l’Académie française)

« pied d’une chaise », « bras d’un fauteuil » (Jarrety)

« flancs d’un navire » (Le Petit Larousse)

Le Littré précise en quoi il s’agit d’une catachrèse :

Une « feuille de papier » est plate et mince comme une feuille d’arbre ; une « glace », un grand miroir, est plane et luisante comme la glace d’un bassin.

Quant à son étymologie, le terme catachrèse est emprunté au latin catachresis, lui-même emprunté au grec katakhresis, « abus », d’où l’emploi abusif d’un mot (Cnrtl).

Passez un bon lundi !

*trope : figure de rhétorique par lequel un mot ou une expression sont détournés de leur sens propre (le Petit Robert). Métaphore, métonymie, synecdoque sont des tropes.

*lexicalisé : n’est plus senti comme une figure mais est transformé en une unité lexicale autonome (Cnrtl).

Le mot du lundi : autour du VERBE !

Bonjour !

Aujourd’hui je vous propose d’aborder le VERBE (du latin verbum), dans son acception littéraire : « expression verbale de la pensée (orale ou écrite) », pour citer le Petit Robert ; « expression de la pensée par les mots » (le Petit Larousse), puis ses dérivés. Alors, comment s’y retrouver entre les termes verbalisme, verbigération, verbosité, verbalisation ou encore verbiage ? J’ai consulté mes documents habituels, voici ce que j’y ai trouvé :

Le VERBIAGE n.m.

Selon le dictionnaire de l’Académie française, il s’agit d’une abondance de paroles qui ne disent presque rien, qui contiennent peu de sens. Le Petit Larousse et le Cnrtl rejoignent cette définition, le premier proposant l’adjectif « superflu » et le substantif « bavardage » ; le second soulignant « des paroles vides de sens » et le synonyme « blablabla ».

Le VERBALISME n.m.

Pour le Petit Larousse, il s’agit de « masquer sous un flot de paroles l’indigence de ses idées » ; le Cnrtl souligne « [l’]utilisation des mots pour eux-mêmes [et l’]importance excessive donnée aux mots ; enfin le dictionnaire de l’Académie française définit le verbalisme comme le « caractère de ce qui est purement verbal, c’est-à-dire où il n’y a que des mots et pas d’idées ». En somme, retenons que les mots sont privilégiés au détriment de l’idée.

La VERBALISATION n.f.

Selon le Cnrtl, la verbalisation consiste à « bavarder, palabrer », « s’exprimer au moyen du langage » (emploi intransitif) ou « exprimer quelque chose au moyen du langage » (emploi transitif).

La VERBIGÉRATION n.f.

Verbigération vient du latin verbigerare, « se quereller », ce verbe provenant lui-même du substantif verbum, « parole ». Il relève de la psychiatrie et renvoie, pour le Petit Robert, à des « discours incohérents avec répétitions, altérations de mots et néologismes nombreux ». Le Petit Larousse précise à propos de ce « dévidage de mots ou de phrases incohérents », qu’on les « rencontre surtout dans les états démentiels ».

La VERBOSITÉ n.f.

Du bas latin verbositas, -atis, « bavardage, discours verbeux », verbosité signifie le « défaut d’une personne verbeuse » ou le « caractère verbeux » d’une chose.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : lemnisque

En exégèse, le nom masculin lemnisque renvoie à un signe pour marquer une variante.

A savoir, dans l’Antiquité romaine, il s’agissait d’une bandelette enroulée sur la couronne de fleurs ou de feuillage que l’on donnait aux vainqueurs ou aux suppliants, ou dont on ceignait la tête des convives lors d’un festin (source : Cnrtl).

Lemnisque est emprunté, par l’intermédiaire du latin lemniscus, du grec lêmniskos, « bandelette, ruban ».

Le mot du lundi : afféterie

Bonjour !

Aujourd’hui, le mot du lundi porte sur le substantif féminin afféterie. Il s’agit d’un terme péjoratif.

J’ai regroupé trois définitions issues du Dictionnaire de l’Académie française, du Cnrtl et du Littré.

La définition du Cnrtl est la plus précise et la plus complète concernant l’afféterie. Il s’agit d’une « manière pleine d’affectation par laquelle, dans le dessein de plaire, on s’éloigne du naturel et tombe dans un excès de recherche superficielle ou contraire au bon goût ».

Par ailleurs, le terme afféterie s’applique à une personne mais aussi à une création artistique ou littéraire. Il existe également au pluriel, mais plus rarement : « traits qui dénotent l’affectation et le maniérisme ».

Si l’idée de plaire n’apparaît pas dans le Littré, elle figure dans la définition proposée par l’Académie française : « manière affectée de parler ou d’agir par envie de plaire ».

Enfin le Littré introduit l’adjectif « mignard » : « recherche mignarde dans les manières ou le langage ». Rappelons dès lors que l’adjectif « mignard » est un synonyme du terme « affecté ». La boucle est bouclée !

Nous pouvons alors retenir du terme afféterie :

  • affectation ;
  • excès ;
  • désir de plaire.

Passez un bon lundi !