Archives pour la catégorie Le mot du lundi

Le mot du lundi : lemnisque

En exégèse, le nom masculin lemnisque renvoie à un signe pour marquer une variante.

A savoir, dans l’Antiquité romaine, il s’agissait d’une bandelette enroulée sur la couronne de fleurs ou de feuillage que l’on donnait aux vainqueurs ou aux suppliants, ou dont on ceignait la tête des convives lors d’un festin (source : Cnrtl).

Lemnisque est emprunté, par l’intermédiaire du latin lemniscus, du grec lêmniskos, « bandelette, ruban ».

Le mot du lundi : afféterie

Bonjour !

Aujourd’hui, le mot du lundi porte sur le substantif féminin afféterie. Il s’agit d’un terme péjoratif.

J’ai regroupé trois définitions issues du Dictionnaire de l’Académie française, du Cnrtl et du Littré.

La définition du Cnrtl est la plus précise et la plus complète concernant l’afféterie. Il s’agit d’une « manière pleine d’affectation par laquelle, dans le dessein de plaire, on s’éloigne du naturel et tombe dans un excès de recherche superficielle ou contraire au bon goût ».

Par ailleurs, le terme afféterie s’applique à une personne mais aussi à une création artistique ou littéraire. Il existe également au pluriel, mais plus rarement : « traits qui dénotent l’affectation et le maniérisme ».

Si l’idée de plaire n’apparaît pas dans le Littré, elle figure dans la définition proposée par l’Académie française : « manière affectée de parler ou d’agir par envie de plaire ».

Enfin le Littré introduit l’adjectif « mignard » : « recherche mignarde dans les manières ou le langage ». Rappelons dès lors que l’adjectif « mignard » est un synonyme du terme « affecté ». La boucle est bouclée !

Nous pouvons alors retenir du terme afféterie :

  • affectation ;
  • excès ;
  • désir de plaire.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : (s’)emberlucoquer

Je vous l’avoue, mais peut-être l’aviez-vous observé, j’ai une certaine propension à choisir pour cette rubrique des mots déchus.

Aujourd’hui, ce sera un terme populaire, soit le verbe (s’)emberlucoquer.

Ce verbe, que je connais pour son apparition dans l’œuvre de Rabelais, figure dans peu de documents explicatifs, qu’ils soient en ligne ou imprimés. Il pose par ailleurs, on va le voir, un problème relatif à son caractère pronominal (pour rappel, les verbes pronominaux se conjuguent avec un pronom réfléchi « me, te, se, nous, vous ») ou non pronominal.

En effet, j’ai d’abord relevé la définition « embarrasser, troubler, remplir l’esprit de chimères », induisant qu’il ne s’agit pas là d’un verbe pronominal : absence de pronom réfléchi.

Pourtant selon d’autres sources, le verbe s’emberlucoquer semble être un verbe exclusivement ou plus précisément « essentiellement » pronominal. Ainsi dans le dictionnaire de l’Académie française de 1762, il est défini comme verbe pronominal réfléchi, terme populaire, signifiant « se coiffer d’une opinion, s’en préoccuper tellement, qu’on en juge aussi mal que si on avait la berlue ». Dans l’édition de 1798, il est notifié que ce verbe ne s’emploie qu’avec un pronom personnel.

Revenons à Rabelais. On trouve plusieurs occurrences de ce verbe dans son œuvre, notamment dans le livre I, chapitre VI :

« Ha, pour grace, n’emburelucoquer jamais vos esperitz de ces vaines pensées ».

En note de bas de page, il s’agit de « s’emplir la tête de chimères semblables à celles que les Moines ont accoûtumé de loger fous leurs capuchons de bures ».

Selon le Littré, s’emberlucoquer, verbe réfléchi, signifie « s’entêter d’une idée, s’attacher aveuglément à une opinion ».

Enfin, si son origine est inconnue, il pourrait être construit sur le terme embrouiller ou berlue, berlu, (hurluberlu) et coquer, coque, capuchon = s’encapuchonner de berlue, voir des choses qui ne sont pas.

Si cet article vous semble quelque peu sibyllin, voici ce que vous pouvez en retenir :

S’il y a controverse au sujet du caractère pronominal / non pronominal du verbe s’emberlucoquer / emberlucoquer, retenons qu’il s’agit d’un verbe familier, à l’origine inconnue, sinon fantaisiste. Retenons enfin la définition donnée par le Littré et citée plus haut : « s’entêter d’une idée, s’attacher aveuglément à une opinion ».

Bonne soirée !

Remarque : un article portant spécifiquement sur les verbes pronominaux suivra bientôt.

Le mot du lundi : chape-chute

Bonjour !

Aujourd’hui je vais chercher à définir le terme chape-chute (graphie sans trait d’union pour l’Académie française) que j’ai rencontré dans les Fables de la Fontaine (livre IV) :

« Un villageois avait à l’écart son logis ; Messer loup attendait chape-chute à la porte. »

Dès lors, que signifie ce substantif féminin, supprimé de l’édition 9 du Dictionnaire de l’Académie française (mais qui était encore présent dans la huitième édition) ?

Pour le Littré, il s’agit d’une bonne aubaine due à la négligence, au malheur d’autrui ou à un accident. Aussi dit-on « attendre, chercher chape-chute ».

Ainsi la locution « chercher chape-chute », signifie « chercher l’occasion de profiter de la négligence ou du malheur de quelqu’un ».

Enfin (1) le verbe chape-chuter, s’il est peu usité ou inusité, est attesté par les dictionnaires du XIXè siècle. Il signifie alors « faire un léger bruit », « chuchoter, parler à voix basse ». Toutefois pour le Cnrtl, il y a là une confusion : ressemblance par la forme mais non par le sens.

Enfin (2), chape-chute provient de l’ancien français « cheoir ».

Bon lundi !

Le mot du lundi : salmigondis

Salmigondis est un substantif masculin.

J’ai découvert le terme salmigondis dans ma lecture du moment, La Cloche de détresse de Sylvia Plath :

« Chaque fragment de paysage n’avait aucun rapport avec le suivant.

            Quel salmigondis que le monde ! »

Que signifie exactement ce terme ?

  • le premier sens qu’il revêt est vieilli, il relève du vocabulaire de la cuisine. Il s’agit d’un ragoût composé de différentes viandes réchauffées (TLFi, CNRTL, Le Petit Robert, le Littré) ;

Notons toutefois en aparté que seul le Petit Larousse ne mentionne pas cette signification.

  • le second sens de salmigondis est familier et péjoratif. Le terme est au figuré :
  1. il s’agit d’un assemblage disparate, d’un mélange confus de choses ou de personnes.

Il se construit de la façon suivante : un salmigondis de + substantif pluriel.

Le Littré est plus précis : salmigondis se dit de choses qui n’ont ni liaison ni suite, de personnes réunies au hasard ;

2. il peut aussi être un ramassis d’idées, de paroles ou d’écrits formant un tout disparate et incohérent (synonymes : fatras, fouillis).

Enfin, l’étymologie de salmigondis ne me paraît pas très claire.

Pour le Petit Robert, ce terme est composé du radical sal, « sel » et peut-être de condire, « assaisonner ».

Selon le Littré, il pourrait s’agir du latin salgama, choses confites dans la saumure, et conditus, « assaisonné ». Toutefois le doute est permis et le Littré propose également salmis avec la syllabe gondis ou gondin qui serait de fantaisie.

Passez un bon lundi !

Les trois mots du lundi : à découvrir !

Une fois n’est pas coutume, j’ai choisi trois mots aujourd’hui, faribole, calembredaine et l’élégant coquecigrue. Les deux premiers termes relèvent du registre familier.

FARIBOLE

Faribole est un substantif féminin, qui signifie génériquement « propos ou chose frivole, de peu d’importance » (Cnrtl), le Petit Robert et le Littré ajoutent la notion de vanité (Cnrtl, Le Petit Robert) et d’inconsistance (Le Petit Robert). Le dictionnaire de l’Académie française (8e édition) évoque des « imaginations frivoles, vaines et plaisantes ».

Le Cnrtl ajoute de nombreuses acceptions.

A. Il s’agit communément de « propos sans consistance ou peu sérieux » (baliverne, sornette) ;

B. Plus rarement, et par analogie, il peut s’agir :

  • d’un objet de peu de valeur (babiole) ;
  • d’une mimique, gesticulation amusante ou désordonnée, ridicule ;

C. Au figuré, et dans un sens péjoratif, on parle aussi de courant d’idées ou d’institution présenté(e) comme sans fondement ou indigne d’intérêt.

Précisons que faribole s’emploie généralement au pluriel.

Si son origine est incertaine, pour le Petit Robert il s’agit du latin frivolus, « frivole ».

L’essentiel à retenir : faribole signifie le plus souvent « propos ou chose frivole, vain(e) et inconsistant(e).

CALEMBREDAINE

Calembredaine est un substantif féminin souvent au pluriel et d’un registre familier. Il s’agit de « propos extravagant, ridicule ou trompeur ; [d’]action un peu folle ». Parmi ses synonymes, mentionnons « bourde, sornette, faux-fuyant » (Littré, Cnrtl).

Plus spécifiquement, calembredaine dans l’expression « s’en aller en calembredaine » signifie, en parlant d’un évènement, « échouer ».

Son origine est inconnue, peut-être dérivée du terme « calembour ».

Enfin, nous notons que le mot calembredaine est absent du Petit Robert.

COQUECIGRUE

Coquecigrue, vieilli, est un substantif féminin dont nous retiendrons deux significations essentielles :

A. « Oiseau imaginaire, fabuleux » dont le nom est employé dans plusieurs locutions, par exemple :

  • « une chose arrivera à la venue des coquecigrues » signifie que cela n’arrivera jamais ;
  • « vous aurez des coquecigrues » se dit lorsque l’on raille quelqu’un qui demande quelque chose ;

B. Au sens figuré, il s’agit de « fantasme, [d’]illusion », par exemple :

  • « s’arracher aux coquecigrues d’un demi-sommeil » ;
  • « regarder voler des coquecigrues » signifie « se faire des illusions, s’occuper de choses chimériques » ;
  • « conte en l’air, baliverne, sornette, sottise ». Coquecigrue s’emploie par exemple dans ce type d’expression : « débiter des coquecigrues » ;
  • par métonymie, on parle d’une « personne qui raconte des sottises, imbécile, ridicule » ;
  • enfin, le substantif coquecigrue acquiert une valeur adjectivale quand il signifie « idiot, bizarre, extravagant ».

Si l’origine de ce mot est inconnue, le Petit Robert propose le croisement de coque-grue avec cigogne.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : tmèse

Aujourd’hui j’ai choisi le substantif féminin tmèse. Il s’agit d’une figure de style.

Comme vous le savez, les figures de style abondent, et pas seulement dans les textes « littéraires ». On en emploie souvent en marketing ou en communication par exemple.

Dès lors, il me semble judicieux de rappeler leur typologie générale. On distingue quatre types fondamentaux de figures de style. En voici la typologie :

  1. Figures de mots
  2. Figures de sens
  3. Figures de construction
  4. Figures de pensée

Ensuite, chaque classement comporte des sous-catégories…

Le terme tmèse est une figure de construction, sous-classée figure de déstructuration.

Que signifie cette figure ?

Il s’agit de l’insertion d’un ou de plusieurs mots provoquant la division d’un mot composé ou d’un groupe de mots indissociables, liés par l’usage.

Étymologie :

Tmèse vient du bas latin tmesis, du grec tmêsis, « coupure ».

Voici un exemple issu du recueil Charmes de Valéry, poème « L’Abeille » :

« Quelle, et si fine, et si mortelle,

Que soit ta pointe, blonde abeille,

Je n’ai, sur ma tendre corbeille,

Jeté qu’un songe de dentelle. »

On note la dissociation inattendue entre « quelle » et « que ».

Soulignons ainsi que la tmèse est surtout fréquente en poésie : le poète possède l’espace où déployer sa créativité.

Bonne soirée !

Il ne s’agit point de jaboter ! (le mot du lundi)

Bonjour !

Nous allons considérer le verbe jaboter selon deux catégorisations :

  • sens propre versus sens figuré ;
  • emploi intransitif versus emploi transitif.

Au sens propre, jaboter signifie « pousser des cris en secouant le jabot », le sujet étant un oiseau (CNRTL, Le Petit Robert, Le Petit Larousse).

Au sens figuré, il s’agit de bavarder, verbe coloré de diverses nuances comme nous allons le voir maintenant, en croisant les significations données par mes sources.

  • Emploi intransitif :
    • « bavarder sans arrêt de façon plus ou moins futile ou oiseuse » (CNRTL). Les synonymes sont alors « babiller », « jaser », « cancaner », ces deux derniers verbes étant péjoratifs ;
    • « parler beaucoup, d’une voix peu élevée et de choses peu intéressantes » ;
    • « bavarder à voix basse, généralement pour médire des autres » (Le Petit Larousse).
  • Emploi transitif, rare :
    • « parler maladroitement (une langue) » (synonyme : baragouiner) ;
    • « dire, raconter (avec une intention malveillante) » ;
    • « bavarder sans fin, de choses inintéressantes ou mesquines » (Académie française).

Remarque : Le Petit Larousse ne mentionne pas le sens propre du terme.

À retenir :

Lorsque l’on jabote, c’est généralement pour médire, parler de futilités, et souvent à voix basse. C’est aussi parler une langue étrangère maladroitement.

Si on est un oiseau (lol), « on jabote » signifie que l’on pousse des cris en secouant le jabot.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : psittacisme

Bonjour !

J’ai choisi de vous parler ce matin du substantif masculin psittacisme.

J’ai retenu les deux définitions proposées par le CNRTL parce qu’elles m’ont semblé les plus complètes. Il s’agit donc :

A. (péjoratif) fait de répéter quelque chose comme un perroquet en raisonnant sans comprendre le sens des mots que l’on utilise ; en particulier, récitation mécanique de mots, de phrases, de notions dont le sens n’a pas été compris ou a été mal assimilé ;

B. c’est aussi, selon le CNRTL mais aussi pour le Petit Robert et le Trésor de la langue française, un trouble du langage en psychopathologie. Il consiste à répéter sans raison ce que l’on a entendu ou lu sans même le comprendre. Ces mêmes sources font également référence au terme « écholalie ».

Ceci me conduit à formuler deux remarques :

  • le verbe psittaciser existe, même s’il est rare. Sans surprise, c’est un verbe intransitif qui signifie « pratiquer le psittacisme, répéter machinalement comme un perroquet, sans réfléchir » ;
  • l’Académie française ne fait référence, dans la version actuelle de son dictionnaire, qu’à l’acception psychopathologique déjà mentionnée (le psittacisme est un trouble du langage) mais souligne toutefois que par extension, « dans un écrit, [il s’agit d’une] reprise, [d’une] répétition de propos, de formules d’autrui ». Cette définition introduit donc une notion complémentaire.

Qu’en est-il dès lors de l’étymologie de psittacisme ?

Il s’agit d’un dérivé savant du latin psittacus, lui-même emprunté du grec psittakos, « perroquet ». Voilà un point facile à retenir !

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi… tardif : irrémissible

Bonjour !

En ce début de semaine j’ai choisi l’adjectif irrémissible.

Si mes dictionnaires de référence s’arrêtent à deux significations, le CNRTL en ajoute une troisième.

Irrémissible signifie :

  1. qui ne mérite pas de rémission, de pardon (Le petit Robert, le Petit Larousse, CNRTL, Littré, Académie française). Le CNRTL précise « en particulier en raison de préceptes religieux », puis ajoute, « par exagération, inexcusable, déplacé » ;
  2. qui a un caractère définitif, irréversible (CNRTL), implacable, fatal (Le Petit Larousse) ;
  3. que l’on ne peut remettre, différer.

J’avoue être plutôt étonnée que seul le CNRTL mentionne cette dernière signification.

Quant à l’étymologie d’irrémissible, je note que ce terme est emprunté au latin chrétien irremissibilis, « irrémissible, irréparable », lui-même dérivé du verbe remittere, « remettre » (Littré), « renvoyer, concéder, faire remise de » (Académie française).

Bonne journée !