Archives pour la catégorie Le mot du lundi

Le mot du lundi : psittacisme

Bonjour !

J’ai choisi de vous parler ce matin du substantif masculin psittacisme.

J’ai retenu les deux définitions proposées par le CNRTL parce qu’elles m’ont semblé les plus complètes. Il s’agit donc :

A. (péjoratif) fait de répéter quelque chose comme un perroquet en raisonnant sans comprendre le sens des mots que l’on utilise ; en particulier, récitation mécanique de mots, de phrases, de notions dont le sens n’a pas été compris ou a été mal assimilé ;

B. c’est aussi, selon le CNRTL mais aussi pour le Petit Robert et le Trésor de la langue française, un trouble du langage en psychopathologie. Il consiste à répéter sans raison ce que l’on a entendu ou lu sans même le comprendre. Ces mêmes sources font également référence au terme « écholalie ».

Ceci me conduit à formuler deux remarques :

  • le verbe psittaciser existe, même s’il est rare. Sans surprise, c’est un verbe intransitif qui signifie « pratiquer le psittacisme, répéter machinalement comme un perroquet, sans réfléchir » ;
  • l’Académie française ne fait référence, dans la version actuelle de son dictionnaire, qu’à l’acception psychopathologique déjà mentionnée (le psittacisme est un trouble du langage) mais souligne toutefois que par extension, « dans un écrit, [il s’agit d’une] reprise, [d’une] répétition de propos, de formules d’autrui ». Cette définition introduit donc une notion complémentaire.

Qu’en est-il dès lors de l’étymologie de psittacisme ?

Il s’agit d’un dérivé savant du latin psittacus, lui-même emprunté du grec psittakos, « perroquet ». Voilà un point facile à retenir !

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi… tardif : irrémissible

Bonjour !

En ce début de semaine j’ai choisi l’adjectif irrémissible.

Si mes dictionnaires de référence s’arrêtent à deux significations, le CNRTL en ajoute une troisième.

Irrémissible signifie :

  1. qui ne mérite pas de rémission, de pardon (Le petit Robert, le Petit Larousse, CNRTL, Littré, Académie française). Le CNRTL précise « en particulier en raison de préceptes religieux », puis ajoute, « par exagération, inexcusable, déplacé » ;
  2. qui a un caractère définitif, irréversible (CNRTL), implacable, fatal (Le Petit Larousse) ;
  3. que l’on ne peut remettre, différer.

J’avoue être plutôt étonnée que seul le CNRTL mentionne cette dernière signification.

Quant à l’étymologie d’irrémissible, je note que ce terme est emprunté au latin chrétien irremissibilis, « irrémissible, irréparable », lui-même dérivé du verbe remittere, « remettre » (Littré), « renvoyer, concéder, faire remise de » (Académie française).

Bonne journée !

Le mot du lundi : séculier

Pour saisir dans son ensemble le terme séculier, je vais reprendre, à partir du site du CNRTL et d’autres sources, les définitions proposées dans leur progression.

Tout d’abord, séculier n’est pas qu’un adjectif, c’est aussi un nom commun. En effet, on dit aussi « un » séculier pour parler d’un laïque.

Nous allons commencer par observer les significations données dans le dictionnaire de l’adjectif séculier avant de considérer le substantif.

Séculier, adj.

  1. Qui appartient au siècle, à la vie laïque. Temporel. Il s’oppose alors à « ecclésiastique » ;
  2. Qui vit dans le siècle, dans le monde. Il s’oppose à « régulier ».

(Sources : Le Petit Larousse et Le Petit Robert)

Sur le site du CNRTL, on distingue trois acceptions, selon qu’il s’agisse d’une personne (1), d’un groupe, d’une institution (2) ou d’une chose (3).

  1. (Personne) Laïque ; qualifie des personnes ayant des engagements particuliers vis-à-vis de Dieu et de l’Église selon des statuts différents dont la caractéristique essentielle est la vie dans le siècle et non en communauté ;
  2. (Groupe) Qui est composé de personnes ayant des engagements particuliers vis-à-vis de Dieu et de l’Église mais vivant dans le siècle ;
  3. (Chose) Relatif au domaine temporel, laïc, profane (pouvoir séculier, tribunaux séculiers…) ; propre au siècle, à la vie dans le siècle, selon le siècle ; emploi substantivé masculin singulier à valeur de neutre (le temporel, le séculier, le profane).

Séculier, n.m.

  1. Laïc, laïque ;
  2. Substantif masculin. Ecclésiastique vivant dans le siècle.

Étymologie : séculier vient du latin sæcularis, « profane, » de sæculum, « monde ».

Ne pas confondre « séculaire », signifiant « qui se fait de siècle en siècle, de cent ans en cent ans » et séculier (Académie française).

Remarque : j’ai relevé sur le site de l’Église catholique de France qu’aujourd’hui, le mot séculier désigne aussi les membres d’Instituts séculiers exerçant leurs activités en continuant à travailler dans le monde, sans l’obligation d’une vie en communauté. Il est ajouté que plus généralement, le mot séculier signifie « laïque ».

Bon lundi !

Le mot du lundi : antépiphore

Bonjour ! On se retrouve ce matin autour d’un terme littéraire : antépiphore.

Antépiphore, n.f.

En poésie comme en prose, il s’agit de la reprise/répétition d’éléments au début et à la fin d’une strophe, d’une phrase ou d’un ensemble verbal comme un paragraphe ou une période, et qui confère à l’ensemble un effet de refrain.

L’exemple suivant, extrait de L’Irréparable de Baudelaire, vous éclairera davantage :

« Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?

Dis, connais-tu l’irrémissible ?

Connais-tu le remords aux traits empoisonnés ?

À qui notre cœur sert de cible ?

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? »

BAUDELAIRE, L’Irréparable

(Source secondaire : Bernard Dupriez, Gradus, Les procédés littéraires)

Étymologie : antépiphore vient du grec anta, « en face, devant », épi, « au-dessus, à la suite » et phéreïn, « porter ».

Pour aller plus loin, un article cité sur le site de Cairn (un site que j’adore par ailleurs, tant il regorge de pépites), passionnant, disponible ci-dessous :

https://doi.org/10.3917/arco.arcan.2017.01.0109

Bon lundi !

Le mot du lundi : gnomique

Gnomique, adjectif et substantif.

À partir des documents que j’ai consultés (le Jarrety, le dictionnaire de l’Académie française, Le Petit Larousse, le CNRTL, Le Petit Robert, le Littré, le Trésor de la langue française), j’ai pu distinguer trois acceptions concernant le terme gnomique :

  • Qui se présente sous forme de sentence, qui est constitué de sentences, maximes, préceptes, conseils pratiques versifiés.
  • Se dit d’une forme verbale (mode, temps) servant à marquer un fait général : dans l’exemple « la raison du plus fort est toujours la meilleure » (La Fontaine, Fables), chacun peut constater la validité de cet énoncé à valeur générale.

Par ailleurs, on qualifie de gnomique l’emploi du présent que l’on trouve dans les énoncés de ce type, par opposition au présent d’énonciation, de narration, de description. Exemple : La Terre tourne autour du Soleil.

  • Le troisième point se rapporte à la poésie : les poètes de l’Antiquité grecque pratiquaient une poésie dite gnomique, c’est-à-dire qu’ils s’exprimaient par sentences et maximes.

Les plus célèbres poètes gnomiques sont Théognis et Phocylide.

Quant à l’étymologie du terme gnomique, il est emprunté du grec gnômikôs, « en forme de sentence », lui-même dérivé de gnômê, « opinion ».

□ Enfin, pour aller plus loin :

Vignes Jean. Pour une gnomologie : Enquête sur le succès de la littérature gnomique à la Renaissance. In : Seizième Siècle, N°1, 2005. pp. 175-211.

DOI : https://doi.org/10.3406/xvi.2005.853

www.persee.fr/doc/xvi_1774-4466_2005_num_1_1_853

Passez une bonne soirée !

Le mot du lundi : homéotéleute

Tout d’abord, quelques mots sur la formation des termes commençant par « homéo- ». Ainsi dans l’article « Homéo– » comme élément formant, le premier élément est tiré du grec ο ́μοιος qui signifie « semblable à » et sert à la construction de mots appartenant principalement au domaine de la médecine et à celui des sciences Physiques. Le deuxième élément est par ailleurs généralement issu du grec.

Homéotéleute est un substantif féminin qui vient du grec ο ̔μοιοτε ́λευτος, homoios, « semblable » et de τελευτὴ, téleuté, « finale ».

Mais que signifie ce terme?

Il s’agit d’une figure de style « consistant à placer en fin de phrases ou de membres de phrases assez rapprochés des mots dont les finales semblables sont sensibles à l’oreille ».

À titre d’exemple, nous pouvons citer cet extrait du Malade imaginaire (III, 7), quand M.Purgon menace Argan de le faire tomber dans la bradypepsie ; de la bradypepsie dans la dyspepsie ; de la dyspepsie dans l’apepsie ; de l’apepsie dans la lienterie ; de la lienterie dans la dyssenterie ; de la dyssenterie dans l’hydropisie ; et de l’hydropisie dans la privation de la vie.

Notons enfin qu’une homéotéleute met en relief des énumérations.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : spoudogeloion

Bonjour !

Quelques mots introductifs…

Je voulais initialement vous parler du terme « kakemphaton », mais comme pour le terme que j’ai finalement choisi, spoudogeloion, je n’ai hélas pas pu croiser les définitions, ces deux termes n’apparaissant ni dans mes divers dictionnaires, ni en ligne sur les sites que je consulte. J’ai toutefois choisi spoudogeloion qui me semble d’une part très riche, et d’autre part, parce qu’il se rapporte à Rabelais, ce qui en facilite la compréhension.

Spoudogeloion est un substantif masculin.

Que signifie-t-il ?

Voici l’unique définition que j’ai pu trouver, issue du Lexique des termes littéraires, sous la direction de Michel Jarrety :

« Ce terme caractérise un genre d’écriture qui associe des thèmes ou des styles contrastés, en traitant par exemple sur le mode comique un contenu sérieux, ou en utilisant un style élevé pour décrire un évènement bas et comique. »

Il est plus loin question de Rabelais, qui dans le prologue de Gargantua (1535) explique « comment derrière le caractère comique de l’œuvre se cache une « substantifique moëlle », c’est-à-dire un contenu sérieux et philosophique. »

Quelle est son origine étymologique ?

Spoudogeloion vient du grec spoudaios, σπουδαῖος, « sérieux » et geloion, γελοῖον, « risible, comique ».

Vous pourrez aisément l’employer au sujet du Lutrin de Boileau ou des Contes de Voltaire… 😉

Passez une bonne journée !

Le mot du lundi : vaticination

Vaticination, substantif féminin, est à la fois un terme littéraire et un latinisme peu usité.

Ce terme renvoie à deux acceptions très proches :

  1. fondamentalement, il s’agit d’une action de prophétiser. Ses synonymes sont « oracle », « prophétie » et « prédiction » ;
  2. la seconde acception introduit une note péjorative : vaticination signifie alors « prédiction emphatique ou prétentieuse ». Le Petit Larousse va plus loin en le désignant comme une « prophétie rabâchée et pompeuse ».

Dès lors, qu’en est-il de son étymologie ?

Vaticination provient du latin vaticinatio, « action de prédire l’avenir ».

C’est un dérivé du verbe vaticinari, « vaticiner ».

Pour Le Petit Robert, « vaticiner » signifie s’exprimer dans une sorte de délire prophétique.

Si vous ne deviez retenir que quelques mots, les voici : prophétie d’une part, auxquels s’ajoutent confusion et prétention d’autre part.

Mes sources : Cnrtl, Le Petit Robert, Le Petit Larousse.

Très bonne journée à vous !

Le mot du lundi : amphigouri

Bonjour !

Le terme d’aujourd’hui est amphigouri ; un terme qui d’emblée interroge. J’ai donc consulté plusieurs documents afin d’en cerner la signification : le Petit Robert, le Petit Larousse, le Littré et le Cnrtl.

Il ressort de ces sources plusieurs éléments :

  • ce substantif masculin peut être un écrit ou un discours ;
  • amphigouri renvoie à l’idée de confusion ;
  • on relève dans ces définitions les adjectifs « burlesque » (Le Petit Robert), « confus » (Cnrtl), « inintelligible » (Le Petit Larousse) ;
  • sont évoqués les termes « incohérence » et « galimatias ». Or « galimatias » signifie bien « embrouillé », « confus », « incompréhensible ».

Ainsi, amphigouri est un écrit ou un discours dépourvu non seulement d’ordre mais aussi de sens : il ne signifie rien, ce indépendamment, ou non, de la volonté du locuteur.

Par ailleurs, malgré quelques hypothèses relatives à son étymologie, l’origine de ce terme demeure inconnue.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : épigone

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai envie de définir le terme épigone, substantif masculin, découvert en feuilletant le … dictionnaire, encore une de mes activités préférées. 🙂

Épigone est emprunté du grec Ἐπίγονος (epigonos), « né après, descendant », composé de ἐπὶ (epi-), « sur » et γόνος (gonos), « descendant ».

Si ce terme renvoie dans la mythologie grecque aux descendants de sept chefs tués devant Thèbes, il désigne aussi, au sens figuré, une personne appartenant à la deuxième génération d’un mouvement philosophique, littéraire, artistique, soit, empreint d’une nuance péjorative, un « successeur, imitateur ».

(Sources : Littré, Académie française, Le Petit Robert, Le Petit Larousse)