Archives pour la catégorie Le mot du lundi

Le mot du lundi : antépiphore

Bonjour ! On se retrouve ce matin autour d’un terme littéraire : antépiphore.

Antépiphore, n.f.

En poésie comme en prose, il s’agit de la reprise/répétition d’éléments au début et à la fin d’une strophe, d’une phrase ou d’un ensemble verbal comme un paragraphe ou une période, et qui confère à l’ensemble un effet de refrain.

L’exemple suivant, extrait de L’Irréparable de Baudelaire, vous éclairera davantage :

« Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ?

Dis, connais-tu l’irrémissible ?

Connais-tu le remords aux traits empoisonnés ?

À qui notre cœur sert de cible ?

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés ? »

BAUDELAIRE, L’Irréparable

(Source secondaire : Bernard Dupriez, Gradus, Les procédés littéraires)

Étymologie : antépiphore vient du grec anta, « en face, devant », épi, « au-dessus, à la suite » et phéreïn, « porter ».

Pour aller plus loin, un article cité sur le site de Cairn (un site que j’adore par ailleurs, tant il regorge de pépites), passionnant, disponible ci-dessous :

https://doi.org/10.3917/arco.arcan.2017.01.0109

Bon lundi !

Le mot du lundi : gnomique

Gnomique, adjectif et substantif.

À partir des documents que j’ai consultés (le Jarrety, le dictionnaire de l’Académie française, Le Petit Larousse, le CNRTL, Le Petit Robert, le Littré, le Trésor de la langue française), j’ai pu distinguer trois acceptions concernant le terme gnomique :

  • Qui se présente sous forme de sentence, qui est constitué de sentences, maximes, préceptes, conseils pratiques versifiés.
  • Se dit d’une forme verbale (mode, temps) servant à marquer un fait général : dans l’exemple « la raison du plus fort est toujours la meilleure » (La Fontaine, Fables), chacun peut constater la validité de cet énoncé à valeur générale.

Par ailleurs, on qualifie de gnomique l’emploi du présent que l’on trouve dans les énoncés de ce type, par opposition au présent d’énonciation, de narration, de description. Exemple : La Terre tourne autour du Soleil.

  • Le troisième point se rapporte à la poésie : les poètes de l’Antiquité grecque pratiquaient une poésie dite gnomique, c’est-à-dire qu’ils s’exprimaient par sentences et maximes.

Les plus célèbres poètes gnomiques sont Théognis et Phocylide.

Quant à l’étymologie du terme gnomique, il est emprunté du grec gnômikôs, « en forme de sentence », lui-même dérivé de gnômê, « opinion ».

□ Enfin, pour aller plus loin :

Vignes Jean. Pour une gnomologie : Enquête sur le succès de la littérature gnomique à la Renaissance. In : Seizième Siècle, N°1, 2005. pp. 175-211.

DOI : https://doi.org/10.3406/xvi.2005.853

www.persee.fr/doc/xvi_1774-4466_2005_num_1_1_853

Passez une bonne soirée !

Le mot du lundi : homéotéleute

Tout d’abord, quelques mots sur la formation des termes commençant par « homéo- ». Ainsi dans l’article « Homéo– » comme élément formant, le premier élément est tiré du grec ο ́μοιος qui signifie « semblable à » et sert à la construction de mots appartenant principalement au domaine de la médecine et à celui des sciences Physiques. Le deuxième élément est par ailleurs généralement issu du grec.

Homéotéleute est un substantif féminin qui vient du grec ο ̔μοιοτε ́λευτος, homoios, « semblable » et de τελευτὴ, téleuté, « finale ».

Mais que signifie ce terme?

Il s’agit d’une figure de style « consistant à placer en fin de phrases ou de membres de phrases assez rapprochés des mots dont les finales semblables sont sensibles à l’oreille ».

À titre d’exemple, nous pouvons citer cet extrait du Malade imaginaire (III, 7), quand M.Purgon menace Argan de le faire tomber dans la bradypepsie ; de la bradypepsie dans la dyspepsie ; de la dyspepsie dans l’apepsie ; de l’apepsie dans la lienterie ; de la lienterie dans la dyssenterie ; de la dyssenterie dans l’hydropisie ; et de l’hydropisie dans la privation de la vie.

Notons enfin qu’une homéotéleute met en relief des énumérations.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : spoudogeloion

Bonjour !

Quelques mots introductifs…

Je voulais initialement vous parler du terme « kakemphaton », mais comme pour le terme que j’ai finalement choisi, spoudogeloion, je n’ai hélas pas pu croiser les définitions, ces deux termes n’apparaissant ni dans mes divers dictionnaires, ni en ligne sur les sites que je consulte. J’ai toutefois choisi spoudogeloion qui me semble d’une part très riche, et d’autre part, parce qu’il se rapporte à Rabelais, ce qui en facilite la compréhension.

Spoudogeloion est un substantif masculin.

Que signifie-t-il ?

Voici l’unique définition que j’ai pu trouver, issue du Lexique des termes littéraires, sous la direction de Michel Jarrety :

« Ce terme caractérise un genre d’écriture qui associe des thèmes ou des styles contrastés, en traitant par exemple sur le mode comique un contenu sérieux, ou en utilisant un style élevé pour décrire un évènement bas et comique. »

Il est plus loin question de Rabelais, qui dans le prologue de Gargantua (1535) explique « comment derrière le caractère comique de l’œuvre se cache une « substantifique moëlle », c’est-à-dire un contenu sérieux et philosophique. »

Quelle est son origine étymologique ?

Spoudogeloion vient du grec spoudaios, σπουδαῖος, « sérieux » et geloion, γελοῖον, « risible, comique ».

Vous pourrez aisément l’employer au sujet du Lutrin de Boileau ou des Contes de Voltaire… 😉

Passez une bonne journée !

Le mot du lundi : vaticination

Vaticination, substantif féminin, est à la fois un terme littéraire et un latinisme peu usité.

Ce terme renvoie à deux acceptions très proches :

  1. fondamentalement, il s’agit d’une action de prophétiser. Ses synonymes sont « oracle », « prophétie » et « prédiction » ;
  2. la seconde acception introduit une note péjorative : vaticination signifie alors « prédiction emphatique ou prétentieuse ». Le Petit Larousse va plus loin en le désignant comme une « prophétie rabâchée et pompeuse ».

Dès lors, qu’en est-il de son étymologie ?

Vaticination provient du latin vaticinatio, « action de prédire l’avenir ».

C’est un dérivé du verbe vaticinari, « vaticiner ».

Pour Le Petit Robert, « vaticiner » signifie s’exprimer dans une sorte de délire prophétique.

Si vous ne deviez retenir que quelques mots, les voici : prophétie d’une part, auxquels s’ajoutent confusion et prétention d’autre part.

Mes sources : Cnrtl, Le Petit Robert, Le Petit Larousse.

Très bonne journée à vous !

Le mot du lundi : amphigouri

Bonjour !

Le terme d’aujourd’hui est amphigouri ; un terme qui d’emblée interroge. J’ai donc consulté plusieurs documents afin d’en cerner la signification : le Petit Robert, le Petit Larousse, le Littré et le Cnrtl.

Il ressort de ces sources plusieurs éléments :

  • ce substantif masculin peut être un écrit ou un discours ;
  • amphigouri renvoie à l’idée de confusion ;
  • on relève dans ces définitions les adjectifs « burlesque » (Le Petit Robert), « confus » (Cnrtl), « inintelligible » (Le Petit Larousse) ;
  • sont évoqués les termes « incohérence » et « galimatias ». Or « galimatias » signifie bien « embrouillé », « confus », « incompréhensible ».

Ainsi, amphigouri est un écrit ou un discours dépourvu non seulement d’ordre mais aussi de sens : il ne signifie rien, ce indépendamment, ou non, de la volonté du locuteur.

Par ailleurs, malgré quelques hypothèses relatives à son étymologie, l’origine de ce terme demeure inconnue.

Passez un bon lundi !

Le mot du lundi : épigone

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai envie de définir le terme épigone, substantif masculin, découvert en feuilletant le … dictionnaire, encore une de mes activités préférées. 🙂

Épigone est emprunté du grec Ἐπίγονος (epigonos), « né après, descendant », composé de ἐπὶ (epi-), « sur » et γόνος (gonos), « descendant ».

Si ce terme renvoie dans la mythologie grecque aux descendants de sept chefs tués devant Thèbes, il désigne aussi, au sens figuré, une personne appartenant à la deuxième génération d’un mouvement philosophique, littéraire, artistique, soit, empreint d’une nuance péjorative, un « successeur, imitateur ».

(Sources : Littré, Académie française, Le Petit Robert, Le Petit Larousse)

Le mot du lundi : euphuisme

Aujourd’hui j’ai choisi un terme qui figurait dans le dictionnaire de l’Académie française, édition 8, mais qui en a été retiré dans la version 9 : il s’agit d’euphuisme. Encore un nom hors du commun me direz-vous ! Pour moi qui m’intéresse à la littérature précieuse, ce mot tombe à pic !

Euphuisme est un substantif masculin issu du grec ευϕυης, « euphues » (élégant, de bon goût).

D’où vient l’essor de ce terme et de quelle époque date-t-il ? Il apparaît en littérature dans le roman Euphus de l’anglais J. Lyly en 1578.

On nomme euphuisme un langage maniéré, affecté et si précieux qu’il en devient outré ; il était très en vogue à la cour d’Angleterre sous Elisabeth 1re. Ses synonymes, gongorisme et marinisme, proviennent respectivement d’Italie et d’Espagne. Ces esthétiques précieuses sont quasiment contemporaines de l’euphuisme.

On emploie euphuisme encore aujourd’hui lorsque l’on évoque un style affecté.

Bonne soirée !

Le mot du lundi : incognoscible

Bonjour !

Le mot d’aujourd’hui ne figure ni dans le Petit Robert, ni dans le Petit Larousse. Je l’ai toutefois trouvé dans l’une de mes lectures. Il s’agit du terme incognoscible. Cet adjectif qualificatif relève des domaines théologique et philosophique.

Ce terme est défini par le Cnrtl et le Littré. Aussi, pour le Cnrtl, est incognoscible ce qui « ne peut être connu par la seule intelligence humaine ». Dans le Littré, on retrouve cette définition formulée comme ce qui « dépasse notre connaissance ».

Notons par ailleurs qu’incognoscible provient du latin chrétien incognoscibilis, composé du préfixe in- et du verbe cognoscere qui signifie connaître.

Bon lundi !

Le mot du lundi : celer

Bonjour !

J’ai rencontré le terme que je vais décrypter lors d’une dictée effectuée la semaine dernière, l’une de mes activités préférées s’il en est.

Le verbe celer est un verbe transitif provenant du latin celare. Selon le Cnrtl, il admet également l’orthographe céler.

Ce terme, plutôt littéraire ou vieux, signifie, pour le Petit Robert et le Petit Larousse, « taire, tenir secret, dissimuler ».

Selon le Littré, il s’agit de « dérober [quelque chose/quelqu’un] aux yeux et à la connaissance ».

Ce qui est intéressant, et que le Petit Larousse ne mentionne pas, contrairement au Petit Robert, c’est l’autre verbe qui lui est corrélé, dont l’emploi nous est en revanche familier : je parle de « déceler ». Ce terme vient du préfixe « dé » et de « celer ». Ainsi construit à partir de celer, il signifie « découvrir, mettre en évidence ce qui était celé, caché ».

À bientôt !