Archives pour la catégorie Le saviez-vous ?

Merci pour / merci de ?

Le nom commun merci

On hésite souvent devant l’emploi de la préposition suivant le terme merci entre « pour » et « de ». Voici la règle :

  • Quant il s’agit d’introduire un nom commun, merci se construit avec « de ». Par exemple : Merci de ce présent auquel je ne m’attendais pas. Merci de ta visite.
  • Devant un infinitif, la question ne se pose pas, c’est « de ». Par exemple : Merci d’être venu.
  • Toutefois, on voit de plus en plus « pour » suivre merci. Il ne s’agit pas d’une faute à proprement parler, mais d’un usage plus moderne… Par exemple : Merci pour tes efforts envers tes parents, ils sont tellement fiers que tu aies réussi.

Dès lors, qu’en est-il du verbe remercier ?

On retrouve le schéma identique.

  • Remercier se construit avec « de ».
  • Remercier « pour » est récemment admis par l’usage et renvoie à une tournure populaire.
  • Enfin remercier suivi d’un verbe à l’infinitif se construit exclusivement avec « de ». Par exemple : Je vous remercie de m’avoir fait confiance.

Passez une bonne journée !

Le saviez-vous ? un/une espace ?

Bonjour !

Vous avez peut-être déjà rencontré le terme espace au féminin. Est-ce une erreur ? Pas du tout. En effet, le terme espace peut être masculin ou féminin selon le cadre dans lequel on l’emploie, mais surtout selon sa signification, d’où la présence de deux entrées dans le Petit Robert.

Ainsi, l’espace au sens de « lieu » est masculin : un espace vital, un espace aérien, etc.

La seconde signification du terme espace, cette fois-ci au féminin, renvoie au domaine de la typographie : dans cette terminologie, on parle d’une espace. Ce caractère typographique peut alors être une espace fine, une espace insécable, une espace sécable…

Il convient dès lors de savoir où et quelle espace placer dans la phrase… Si cela vous intéresse, je vous ferai un récapitulatif dans un autre article.

Bonne journée !

Le saviez-vous ? « mot-valise »

Le mot composé mot-valise a été inventé par Lewis Carroll (1832-1898). Il s’agit du calque de l’anglais portmanteau word (Le Petit Robert).

Un mot-valise est un terme néologique fabriqué en rassemblant par leurs éléments communs deux mots différents (Michel Jarrety).

Voici pour exemple un vers de Jules Laforgue : « s’y crucifige » = « s’y crucifie » + « s’y fige ».

« Yeux des portraits ! Soleil qui, saignant son quadrige,

Cabré, s’y crucifige ! »

Plus récemment, nous pouvons citer le terme « courriel », formé des termes tronqués « courrier » et « électronique ».

Bonne soirée !

Un mot en vogue : le « vamping »

Bonjour !

Sur le Glamour en ligne du 14 mai dernier, j’ai remarqué un terme qui ne m’était pas familier ; il s’agit du vamping.

Sur le site, la phrase elle-même, « Souffrez-vous de vamping, l’insomnie des hyperconnectés ? », nous en donne la définition.

Par ailleurs, il s’agit là d’un mot-valise, formé du mot français « vampire » et du mot anglais texting, qui se rapporte au fait d’envoyer des textos. Le terme « vampire » quant à lui, outre l’idée d’un être suceur de sang, évoque à la fois la dépendance et l’avidité.

Toutefois, « vampiriser », selon le Petit Robert, c’est « vivre de la substance de quelqu’un qu’on a mis dans une totale dépendance ». Or là, les personnes hyperconnectées se vampirisent elles-mêmes. Nuance à souligner d’un point de vue plus linguistique.

À retenir : le vamping est ainsi une forme de maladie ou plutôt de trouble moderne qui, de surcroît, ne risque pas de s’amenuiser en cette période troublée (confinement, déconfinement).

Passez une bonne journée, lisez la presse !

Le saviez-vous ? « par contre »

Bonsoir,

Je me contenterai de quelques lignes ce soir. Car, vous le savez peut-être, l’usage de la locution adverbiale « par contre » est controversé ; on la remplace communément par la locution « en revanche ». Par exemple, j’ai travaillé pour une maison d’édition où il fallait traquer les « par contre » pour employer systématiquement « en revanche » à la place.

Si l’on effectue quelques recherches, ces deux notions s’avèrent non interchangeables. Tandis que la première (par contre) évoque l’idée d’opposition, la seconde (en revanche) joue davantage sur l’idée de contrepartie. Subtil.

Je vous en dis plus dès que mes recherches sont parfaitement au point.

Passez une bonne soirée !

Le saviez-vous ? Le Pactole

Bonjour !

Je suis actuellement en train de lire Les Métamorphoses d’Ovide, livre XI. Parmi les innombrables richesses du texte, et par-delà sa compréhension globale, des pépites me sautent de temps en temps aux yeux. Aujourd’hui, c’est en lisant le récit de Midas que j’ai fait le lien avec le nom propre « le Pactole » mais aussi avec le nom commun, « pactole ». Par extension, on dit aussi « toucher le pactole »… Vous allez comprendre pourquoi.

La scène se passe en Lydie (actuelle Turquie), dans la vallée de Sardes. Lorsque Midas se voit offrir par Bacchus le cadeau de ses souhaits, il choisit l’or : « Fais, dit-il, que tout ce que mon corps aura touché se convertisse en or aux fauves reflets ». Mais dès lors, il ne peut plus ni se nourrir ni boire car les mets et l’eau se transforment en or. Midas implore alors : « arrache-moi à ce brillant fléau ». Bacchus annule le vœu qu’il avait d’abord exaucé. Midas doit se laver dans une source, qui s’appelle le Pactole. Ovide ajoute : « Aujourd’hui encore, pour avoir reçu le germe de l’antique filon, le sol de ces campagnes est durci par l’or qui jette ses pâles reflets sur la glèbe humide ».

La note relative à cet épisode est édifiante : « L’épisode a une fonction étiologique ; il justifie que le Pactole charrie des paillettes d’or ».

D’où, vous l’aurez compris, l’emploi du terme pactole lorsqu’il s’agit de beaucoup d’argent… pour le reste … gardez à l’esprit que c’est un mythe.

Je retourne à ma lecture ! Bonne soirée !