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Les 5 mots de la presse féminine

Bonjour !

Aujourd’hui je vais vous parler de cinq, six termes de la presse féminine. Il s’agit du sleek bun, du fox-eyes make-up, du wokefishing, du catfish, de la pull through braid ainsi que de la box braid.

En dehors des concepts de wokefishing et du catfish, tous ces termes appartiennent au domaine de la beauté.

J’ai rencontré le terme sleek bun dans un article du Elle en ligne datant du 13 août dernier : il s’agit d’un chignon bas et porté plaqué sur le crâne.

Le fox-eyes make-up (Biba en ligne, 18 août 2020) est une nouvelle tendance dans le domaine du maquillage. Signifiant littéralement « œil de renard », cette tendance, qui consiste à étirer le regard, fait polémique. Elle rappelle en effet cette imitation bien connue et regrettable des yeux des asiatiques.

Dans le Grazia en ligne du 12 août, il est question de deux techniques de tresses, soit la pull through braid (fixée sur le cuir chevelu) et la box braid. Pour plus d’informations sur ces techniques capillaires, je vous invite à consulter le site du Grazia.

Passons aux deux concepts sociétaux.

Le wokefishing (Grazia en ligne, 18 août) repose sur le mensonge, il s’agit d’une « nouvelle façon de séduire avec des pensées politiques et sociétales que l’on ne pense pas réellement ». Ce concept inventé par la journaliste Serena Smith repose sur la contraction de « woke » (éveillé) et de « fishing » (harponner).

Ce terme fait écho au catfish, qui consiste à se faire passer pour celui/celle que l’on n’est pas en mentant sur son âge par exemple. Fausse identité, faux profil sévissent alors en ligne sur les réseaux sociaux. Sans parler de l’émission éponyme diffusée sur MTV.

À bientôt !

1, 2, 3… ou une façon astucieuse d’amorcer un article de presse

Voici quelques extraits de magazines féminins en ligne :

« Jeans 2020 : quelles sont les 5 tendances denim à adopter d’urgence cette saison ? » (Biba, 11/05)

« Tendance mode : 10 robes à la longueur mini qui font un effet maxi » (Glamour, 12/05)

« 20 robes imprimées à adopter pour les beaux jours » (Elle, 22/05)

« 40 maillots de bain une pièce à adopter cet été » (Cosmopolitan, 20/05)

« 21 carrés courts pile poil dans la tendance » (Grazia, 20/05)

« Dix micro-changements à faire pour avoir une meilleure hygiène de vie » (Madame Figaro, 22/05)

« 7 produits de beauté qui protègent les abeilles » (Vogue, 20/05)

« 11 success stories qui ont démarré dans un garage ». (L’Officiel de la mode, 14/05)

Vous avez saisi le point commun entre ces exemples de titres d’articles ?

20, 7, 40, 21…

OK, les chiffres semblent plébiscités dans la presse féminine, mais pourquoi ?

Si tous les articles sont essentiellement hiérarchisés, un article dont le titre contient des chiffres arabes évoque un côté méthodique et simplifié à la fois. Souvent l’article en lui-même se démarque par l’emploi de numéros ou de puces, comme esquissé dans son titre. La lectrice sait à quoi s’attendre, elle sait d’emblée comment l’article sera mené. Elle peut le lire en diagonale, les photos à l’appui parlant d’elles-mêmes. Elle peut aussi ne pas le lire du tout, mais faire simplement défiler les photos, en scrollant ou en cliquant sur une flèche par exemple. Qu’il y ait 10 ou 20 photos. Par ailleurs, la graphie en chiffres arabes saute aux yeux. Elle accroche. Et le but est atteint. 😉

Dada, toc, tic ?

La pratique courante de la surenchère serait-elle une manie commune aux journalistes de la presse féminine ?

Je fais allusion à leur prédilection pour l’emploi du superlatif.

Ainsi, dans le Vogue en ligne du 18 mai, on relève « les plus belles photos de Capri qui vous font rêver d’Italie » ; « la plus iconique des îles italiennes » ; sur le site, le 15 mai, on souligne aussi « les plus belles maisons à louer en France cet été », et sur le site du Elle, le 29 avril, « Voici les pièces mode les plus populaires du moment » ; enfin sur le site de L’Officiel de la mode : « on a trouvé le top de l’été le plus populaire ». Les exemples foisonnent.

Le superlatif renvoie à l’intensité la plus élevée qui caractérise une qualité exprimée par un adjectif.

Outre le superlatif d’infériorité (le moins + adjectif + de), on distingue deux sortes de superlatifs :

  1. Le superlatif absolu

On emploie un adverbe d’un degré très élevé comme « très », « fort », « extrêmement », suivi d’un adjectif.

Des adjectifs évoquent eux-mêmes, intrinsèquement, le superlatif, comme « superbe », « magnifique », « exceptionnel ».

On souligne également préfixes et suffixes liés au superlatif absolu, soit les préfixes « ultra », « extra », « archi », « super », « hyper ». Par exemple, sur le site de Elle, le 21 mai, Claudia Schiffer est qualifiée de « supermodel ».

Quant au suffixe en corrélation avec le superlatif absolu, il s’agit de -issime (richissime, rarissime, etc.), dérivé de l’italien.

2. Le superlatif relatif de supériorité

Il se forme ainsi : article défini + le plus + adjectif + de ; le complément du superlatif est introduit par la préposition « de ».

Les exemples cités plus haut relèvent tous du superlatif relatif.

Le superlatif exprime ainsi l’excès, l’exagération, voire l’outrance : vous êtes la plus belle avec cette crème ; voici les plus belles plages sur lesquelles vous bronzerez cet été ; le plus beau jour de votre vie…

Les magazines féminins n’ont-ils pas pour rôle, entre autres, de faire rêver leur lectorat ? Dès lors, nulle tournure n’est trop belle pour présenter ce qu’il y a de plus beau. Par ailleurs, le meilleur, le sublime font d’autant plus rêver qu’ils ne sont pas forcément à la portée des lectrices.

Passez une bonne journée !

Les 5 mots de la presse féminine

Bonjour !

Voici quelques termes rencontrés sur des sites de magazines féminins : control-freak, upcycling, workout, live action et baby boomers nails.

Sur le site du Biba du 4/05 : « Car votre amant est encore plus « control-freak » que vous […] ».

Ce terme qui est un emprunt à la langue anglaise désigne une personne organisée à l’extrême et qui cherche à tout contrôler autour d’elle.

Toujours sur le site de Biba : « La tendance de l’upcycling est, elle, plus récente et commence à faire du bruit jusque dans nos dressings ».

Plus loin, nous apprenons qu’il s’agit de surcyclage, soit une activité « qui consiste à transformer un produit pour lui donner une seconde vie en le détournant de son usage premier ».

J’ai trouvé le terme workout sur le site du Vogue de 4/05 : « Et si on s’offrait une séance de workout vintage avec Cindy Crawford ? »

Il s’agit là de s’entrainer, faire des exercices.

Sur le site du Vogue du 5/05, j’ai relevé le terme live action : « Hercule va être adopté en live action par Disney + ».

Live action est un anglicisme signifiant « prise de vue réelle ».

Enfin, c’est sur le site de Grazia que j’ai découvert le dernier terme, baby boomers nails : « Tendance manucure : les baby boomers nails ».

Dans le domaine de l’esthétique, baby boomers nails s’apparente à la french manucure, mais réinventée. Cette technique de nail art se distingue par des teintes fondues plutôt que le trait blanc franc de la french manucure.

Rapide observation

Les anglicismes foisonnent dans la presse féminine, et encore je ne vous ai pas parlé de make-up, bankable, lifestyle, arty, fashion week, oversize et autres emprunts dont on ne cherche même plus la traduction.

Si je ne suis pas tout à fait (quoiqu’un peu puriste) de ceux ou celles qui fustigent systématiquement le recours à l’anglais, je trouve tout de même certains termes exagérés, et j’irais jusqu’à qualifier des articles totalement ridicules. Certes la langue doit évoluer, car la société elle-même évolue et la langue doit pouvoir rendre compte des réalités successives sémantiquement, mais de là à accumuler les mots anglais jusqu’à friser « l’overdose »… 😉

À suivre…

Les 5 mots de la presse féminine

Bonjour !

Aujourd’hui j’ai envie de partager avec vous quelques termes relevés dans la presse féminine.

J’ai trouvé le terme black out dans le Elle en ligne du 15 avril : « Loin d’avoir cédé à une nouvelle tendance digitale, vos abonnés virtuels ont tout simplement pris part au mouvement « black out féminin » qui fleurit en ce moment sur la toile. » Si ce terme masculin, invariable et emprunté à l’anglo-américain renvoie initialement au domaine théâtral (« action d’éteindre les feux de la rampe pour augmenter l’effet de scène »), l’Académie française le définit comme une « mesure de défense passive prise en temps de guerre, qui consiste à masquer toutes les lumières pour rendre plus difficile l’action de l’aviation ennemie. » Le Cnrtl, le Petit Larousse et le Petit Robert rejoignent cette définition. Un seul ajout : on peut parler de « couvre-feu ». Il s’agissait donc, hier, de remplacer sa photo de profil sur les réseaux sociaux par un point noir afin de montrer son adhésion au mouvement « black out » qui lutte contre les violences faites aux femmes.

Le deuxième terme provient toujours du Elle en ligne du 16 avril : il s’agit de soft skills. « Je profite du confinement pour développer mes « soft skills » (ou savoir-être au travail). » Sont citées par exemple des compétences (« skills ») telles que la créativité, le sens de l’organisation…

Le troisième terme est la manucure toffee, relevé dans le Elle en ligne du 1er avril : « Impossible de passer à côté, la manucure toffee est partout sur Instagram ». Je ne vous apprends rien, « toffee » signifie « caramel » en anglais. Ici, il s’agit de peindre chaque ongle d’un ton différent mais toujours dans une palette allant du beige au brun afin de « créer un dégradé de marron qui habille parfaitement nos mains ». Une tendance à suivre donc ! ? Hum.

Le quatrième terme vient d’un article du Elle en ligne du 6 avril, où il est en corrélation avec une pièce de mode. Cette dernière est introduite ainsi : « Voici le nouvel accessoire tendance, et vous l’avez déjà dans votre armoire ». Alors, de quoi s’agit-il ? « Chez Salvatore Ferragamo, Fendi, Mikael Kors ou plus récemment Marc Jacobs et Chanel, les bonnes vieilles chaussettes traditionnelles opèrent un revival inattendu ». On parle donc de revival, soit le retour sur le devant de la scène. Selon le Petit Larousse, revival renvoie à « toute résurgence d’un mouvement, d’une mode, d’un style… ».

Le dernier terme provient du Elle n° 3875 (p.50) dans un article intitulé « les crushs de Dree Hemingway ». Crush est un mot anglais signifiant « coup de coeur ». Le Cambridge Dictionary le définit également par « béguin ».

Passez une bonne soirée !

Presse féminine et anglicismes

Voici quelques termes glanés au fil de mes lectures en ligne de la presse féminine :

J’ai relevé cette phrase dans le Elle en ligne du 18.02.2020 :

« Annoncé comme une continuité du show original, le reboot [de Gossip Girl] devrait se dérouler huit ans plus tard ».

Emprunté au domaine informatique (il s’agit d’éteindre puis de redémarrer immédiatement un ordinateur), ce terme renvoie à la nouvelle version, le redémarrage en quelque sorte, ici de la série TV Gossip Girl qui s’était arrêtée en 2012.

Dans le Elle en ligne du 12.02.2020, on peut lire le titre suivant : « onze coiffures stylées pour upgrader des cheveux lisses ».

En anglais, upgrade signifie « mise à jour, mise à niveau ». Ici on devine qu’il s’agit de moderniser, de rendre des cheveux lisses plus « stylés ».

Toujours dans le Elle… j’ai relevé la phrase « Le padded headband supplante-t-il la barrette ? ».

Le padded headband est en fait un serre-tête très rembourré, voire ornementé (velours, perles, etc.)

Ensuite, dans le Cosmo du 27.01.2020, j’ai lu : « C’est en version XXL que l’on préfère la surchemise pour un effet boyish et effortless à la clé ».

Boyish, je ne vous apprends rien, vient de boy, garçon en anglais. S’il peut parfois signifier « androgyne », je propose ici l’expression garçon manqué : un effet garçon manqué à la clé.

Enfin, dans le Biba du 24.02.2020 : « Après son alter-ego plus bohème, le lob, un carré long un peu flou, c’est autour du bob de faire tourner toutes les têtes ».

Le lob, comme il est précisé dans la citation, est effectivement un carré long 😉 .

Les cinq mots de la presse féminine

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Bonjour !

Voici cinq mots issus du magazine Elle que je vais tenter de décrypter.

Manspreading, n.c. : terme anglais indiquant l’attitude des hommes qui s’étalent littéralement dans les lieux publics. Par dérivation, on parle également de womanspreading ou encore de boobspreading.

Tote bag, n. c. : un tote bag est un sac en toile tout simple, comportant souvent des termes ou phrases imprimés.

See now, buy now : il s’agit là d’un concept innovant en marketing facile à comprendre (he oui, encore de l’anglais…). Lors des Fashion Weeks, cette pratique permet de se procurer un article de haute couture peu de temps après sa présentation au public.

Stalker, vb : ce verbe anglais auquel on a ajouté une désinence française signifie « traquer » ou « harceler ».

Scroller, vb : « Réseaux, applis, chatbots… les millenials préfèrent scroller que parler » (Elle n°3777, p.127) : cette pratique consiste à faire défiler vers le bas une page affichée sur son smartphone.

Je réalise encore une fois que je n’ai sélectionné que des termes issus de l’anglais. Si ces derniers sont légion dans la presse féminine, les termes pointus français y existent toutefois. Je les stalkerai (lol) la prochaine fois pour vous les proposer !

Cinq mots extraits de la presse féminine

Effortless : adj. Sans effort superflu. J’avais choisi cet extrait du site http://www.glamourparis.com : « Gigi représente vraiment la « fille Tommy » d’aujourd’hui, sa personnalité est attirante et toujours optimiste et son style est effortless et cool », a expliqué le créateur américain ».

E-shop : n.m., Enseigne de vente en ligne.

Feel-good : Adj. Se dit de quelque chose qui génère un sentiment de bien-être ou se caractérise par un sentiment de bien-être. (source : http://www.linguee.fr)

Masstige : adj. Mot-valise d’origine anglo-saxonne constitué sur la base des mots « mass » (masse) et « prestige » (prestige). Masstige désigne la commercialisation de produits de luxe et/ou hauts de gamme à des prix anormalement bas et donc plus accessibles à l’ensemble des consommateurs. (source : http://www.e-marketing.fr)

Must have : n.m., Objet ou service estimé comme indispensable par des consommateurs. Il s’écrit avec ou sans tiret, et s’avère invariable en l’occurrence dans un contexte français.

Passez un bon week-end !

Quelques mots issus de la presse féminine

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Personal shopping, n.m. Se dit d’un service personnalisé de courses effectuées par un tiers rémunéré en conséquence.

Phubbing, n.m. Fait pour une personne de parler avec une ou plusieurs autres personnes physiquement présentes tout en consultant son smartphone ou en envoyant des textos (source : http://www.madame.lefigaro.fr)

Preppy, adj. Se dit d’une mode vestimentaire à la fois recherchée et décontractée, caractéristique des jeunes provenant de familles aisées (source : entrée « preppy », http://www.granddictionnaire.com). Si aujourd’hui on pense d’emblée à Blair et ses amis dans la série Gossip Girl (personne n’est parfait), ce terme remonte aux années 1960-1970 où il renvoie au style des élèves des classes préparatoires aux universités les plus cotées. On peut alors le traduire par BCBG.

Twister, vb. Décaler. Il s’agit du terme anglais « twist » auquel on a ajouté la désinence -er afin de le transformer en verbe susceptible d’être employé en français.

Wishlist, n.f. Littéralement, liste de souhaits. Il s’agit d’achats prévisionnels ou simplement d’envies à caractère velléitaire d’acheter des articles sans jamais les concrétiser.

Ebauche d’un lexique des termes pointus de la presse féminine #unpeudelinguistique

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Je reprends là, pour le mettre peu à peu à jour, quelques uns des termes définis dans mon mini-glossaire de Master 2 (créativité lexicale) portant sur « la presse féminine généraliste haut de gamme : décryptage de termes pointus ». Ma méthodologie est simple : j’ai épluché moult magazines féminins (support print ou web) et j’ai sélectionné les termes qui revenaient le plus souvent, car il s’agissait avant tout d’un travail universitaire, avec des contraintes donc. J’ai choisi à chaque fois une phrase ou une proposition pour illustrer mes propos.

J’ai adoré réaliser ce glossaire, et si vous me suivez… vous verrez !

Je choisis de ne sélectionner que cinq termes à la fois afin de ne pas vous asphyxier, chers lecteurs, sous les anglicismes (qui abondent véritablement).

Commençons par quelques termes intéressants :

Le bashing consiste à dénigrer une personne, une organisation, un pays, et ce, systématiquement.

Le body shaming est une discrimination ou stigmatisation sociale à l’égard du corps.

Une collection capsule, les fashionista vous le diront, est une collection exclusive des créateurs pour les enseignes de distribution (par exemple, en novembre 2017, Erdem s’associait à H&M, ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii (j’adore aussi la mode) : http://www.lexpress.fr/styles/mode/h-m-et-erdem-la-collaboration-2017_1927234.html

Un corner est un espace dédié à une marque au sein d’un grand magasin (j’imagine que le terme peut être appliqué en dehors du cadre de la presse féminine, cette définition est donc employée ici dans une acception étroite).

Une cover story est un article ou reportage annoncé par sur la page de couverture d’un périodique par une illustration.

À très bientôt pour la suite ! 🙂