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Baladinages et paraphrastes, la « traduction »

Plaisanteries bouffonnes de mauvais goût et auteurs de paraphrases

Chaque matin, j’envisage la journée qui se profile et je prie pour ne pas être considérée comme une petite guenou ! Point de plaisanteries bouffonnes de mauvais goût, je ne m’occuperai pas de balivernes non plus. Certes je ne suis guère quelqu’un qui chipote. Mon humeur accorte pourtant n’est plus à prouver.

Le credo : ne pas rencontrer quelqu’un qui abuse. Ni qui use de faux-fuyants ! Et fuir ceux qui larmoient ! Sinon, les honorer du titre de monseigneur à seule fin de les confondre !

Même si cela n’est qu’un moyen de distraire, d’amuser, je sors à l’ouïe d’une petite musique.

Qui donc vais-je recevoir avec courtoisie ce jour ?

Mais qui vois-je ? Cette faculté d’apercevoir n’est pas sans me contrarier. Je risque d’être rendue sotte, tant il aime à attiser ! C’est aussi quelqu’un qui convoite… Mais qui, par trop, ne respecte pas les pratiques religieuses. Je penserai à attacher une indulgence et une prière à mon chapelet tout à l’heure. Je ne puis m’empêcher de mouvoir mes jambes deçà et delà… dont je dissimule pudiquement les parties charnues. J’imagine moult ébaudissements tout en taisant mon habitude de chicaner. Je m’adonne au marinisme, style affecté et précieux, à la préciosité, au bel esprit en somme ! C’est l’inverse lorsque l’on rencontre un vieillard respectable tel Nestor, et non un homme simple et borné qui s’amuse à des choses de rien à tout va. Sans parler de sa médiocrité : un poète médiocre ne saurait me plaire !

Quand j’emploie des mots surannés

Baladinages et paraphrastes

Chaque matin, j’envisage la journée qui se profile et je prie pour ne pas être considérée comme une guenuche coiffée ! Point de baladinages, je ne balivernerai pas non plus. Certes je ne suis guère une chipotière. Mon accortise pourtant n’est plus à prouver.

Le credo : ne pas rencontrer d’abuseur. Ni de biaiseur ! Et fuir les larmoyeurs ! Sinon, les monseigneuriser à seule fin de les confondre !

Même si cela n’est qu’une amusoire, je sors à l’ouïe de la musiquette.

Qui donc vais-je conjouir ce jour ?

Mais qui vois-je ? Cette apercevance n’est pas sans me contredire. Je risque d’être assotée, tant il est attiseur ! Il est aussi convoiteux… Mais par trop indévot. Je penserai indulgencier mon chapelet tout à l’heure. Je ne puis m’empêcher de brandiller des jambes… dont je dissimule pudiquement la charnure. J’imagine moult ébaudissements tout en taisant mon ergoterie. Je m’adonne au marinisme, au gongorisme, à l’euphuisme en somme ! C’est l’inverse lorsque l’on rencontre un Nestor, et non un Nicodème qui nigaude à tout va. Sans parler de sa médiocrité : un poétereau ne saurait me plaire !

Telle une dramatiste, je prie pour ne jamais me dépopulariser. Ma beauté est imployable… J’avoue ma propension à l’incorrigibilité. Philotechnique, outre mes atouts charnels, je joue persévéramment les paraphrastes.

Nul ne sait toutefois la futurition.

5 verbes délaissés par l’usage

J’étais avec mon ami depuis trois ans et ce matin, il m’a demandée en mariage !

Alors que je me gaudissais de cette nouvelle, une mauvaise surprise vint me marrir : le téléphone sonna, c’était ma sœur.

Parce qu’elle m’avait toujours contemnée, du moins je le croyais, nous finîmes par nous discepter sur un motif quelconque.

Et puis soudainement, imprévisiblement, elle me parla de son deuil, se confiant à moi comme elle ne l’avait jamais fait. Je ne pus alors que me condouloir : je tentai de la consoler, bien que maladroitement.

Cinq verbes de ce texte improvisé ont disparu des dictionnaires. Après quelques recherches, voici, ci-dessous, ce que j’ai trouvé.

Se gaudir de

On relève deux emplois :

A. emploi intransitif : manifester sa joie ;

B. emploi pronominal réfléchi :

  • s’égayer, se réjouir. Peut se construire avec les prépositions « à » ou « de » ;
  • construit avec le complément prépositionnel « de » : se moquer de.

Étymologie : se gaudir de vient du latin gaudere, « se réjouir ».

Marrir

On distingue trois emplois :

A. emploi transitif : troubler, contrarier quelqu’un ;

B. emploi pronominal :

  • se désoler, s’affliger, se fâcher ;
  • se décontenancer, s’égarer ;
  • s’écarter de sa situation présente (qui n’est pas satisfaisante), se préoccuper de changer en quelque chose ;

C. Participe passé, adjectif verbal marri.

Être marri : être désolé de quelque chose, attristé ou contrarié, fâché.

Contemner

Ce verbe transitif signifie « mépriser, exprimer son mépris pour quelqu’un ».

Étymologie : emprunté au latin contemnere, qui signifie « tenir pour négligeable, mépriser ».

Discepter

J’ai trouvé peu d’informations au sujet de discepter. Sa signification est « discuter, disputer ».

Étymologie : ce verbe vient du latin disceptare.

Condouloir (se)

Ce verbe réfléchi est a priori employé uniquement à l’infinitif (les différentes sources ne sont pas unanimes).

Il signifie « témoigner à quelqu’un que l’on prend part à sa douleur ».

Étymologie : ce verbe vient du latin condolere, de cum, « avec », et dolere, « avoir de la peine » : « souffrir ensemble », et en latin chrétien « compatir aux peines d’autrui ».

Passez un bon dimanche !