Archives pour la catégorie Petit point

Je vous sais gré / Je vous suis gré ?

Bonjour !

Je poursuis ma traque des tournures incorrectes, des erreurs et autres maladresses.

Aujourd’hui il s’agit d’une expression composée du terme gré, du latin gratum, neutre de gratus, « agréable, bienvenu ».

On ne dit JAMAIS : « *Je vous serais gré de votre aide et de votre soutien quand bien même nous échouerions ».

On dit : « Je vous saurais gré de votre aide et de votre soutien quand bien même nous échouerions ».

L’erreur constatée provient bien souvent de la prononciation proche des deux expressions, qui induit une hésitation.

Ainsi la tournure correcte, savoir gré à quelqu’un de quelque chose, signifie « avoir de la reconnaissance pour quelqu’un ». Ajoutons enfin qu’il s’agit d’une expression soutenue.

Passez une bonne journée !

Je traque les tournures incorrectes

En voici deux, de plus en plus employées à l’oral : une tournure avec le verbe partager et la seconde avec le substantif « base ».

  • L’emploi du verbe partager tel que le montre cet exemple est incorrect :

*Je vous partage cette photo.

La tournure correcte est la suivante : partager quelque chose avec quelqu’un.

  • De base / à la base

Je pensais avoir traqué une erreur là où il y en avait deux !

  1. L’expression « de base » est fautive lorsqu’elle veut remplacer « à la base ». On ne dit jamais : *De base, je suis patiente ; *De base, j’ai fait des études de gestion ;
  2. « De base » est uniquement employé pour « basal », « basique » dans des expressions telles que « vocabulaire de base », « salaire de base » (Le Petit Robert) ;
  3. J’ai découvert davantage : le fait d’employer « à la base » pour exprimer « initialement, d’abord, au commencement », c’est non seulement faire preuve de familiarité, mais aussi, selon l’Académie française, commettre une erreur.

À demain pour le mot du lundi !

N.B. : L’astérisque placé à gauche indique une tournure fautive.

Merci pour / merci de ?

Le nom commun merci

On hésite souvent devant l’emploi de la préposition suivant le terme merci entre « pour » et « de ». Voici la règle :

  • Quant il s’agit d’introduire un nom commun, merci se construit avec « de ». Par exemple : Merci de ce présent auquel je ne m’attendais pas. Merci de ta visite.
  • Devant un infinitif, la question ne se pose pas, c’est « de ». Par exemple : Merci d’être venu.
  • Toutefois, on voit de plus en plus « pour » suivre merci. Il ne s’agit pas d’une faute à proprement parler, mais d’un usage plus moderne… Par exemple : Merci pour tes efforts envers tes parents, ils sont tellement fiers que tu aies réussi.

Dès lors, qu’en est-il du verbe remercier ?

On retrouve le schéma identique.

  • Remercier se construit avec « de ».
  • Remercier « pour » est récemment admis par l’usage et renvoie à une tournure populaire.
  • Enfin remercier suivi d’un verbe à l’infinitif se construit exclusivement avec « de ». Par exemple : Je vous remercie de m’avoir fait confiance.

Passez une bonne journée !

5 verbes délaissés par l’usage

J’étais avec mon ami depuis trois ans et ce matin, il m’a demandée en mariage !

Alors que je me gaudissais de cette nouvelle, une mauvaise surprise vint me marrir : le téléphone sonna, c’était ma sœur.

Parce qu’elle m’avait toujours contemnée, du moins je le croyais, nous finîmes par nous discepter sur un motif quelconque.

Et puis soudainement, imprévisiblement, elle me parla de son deuil, se confiant à moi comme elle ne l’avait jamais fait. Je ne pus alors que me condouloir : je tentai de la consoler, bien que maladroitement.

Cinq verbes de ce texte improvisé ont disparu des dictionnaires. Après quelques recherches, voici, ci-dessous, ce que j’ai trouvé.

Se gaudir de

On relève deux emplois :

A. emploi intransitif : manifester sa joie ;

B. emploi pronominal réfléchi :

  • s’égayer, se réjouir. Peut se construire avec les prépositions « à » ou « de » ;
  • construit avec le complément prépositionnel « de » : se moquer de.

Étymologie : se gaudir de vient du latin gaudere, « se réjouir ».

Marrir

On distingue trois emplois :

A. emploi transitif : troubler, contrarier quelqu’un ;

B. emploi pronominal :

  • se désoler, s’affliger, se fâcher ;
  • se décontenancer, s’égarer ;
  • s’écarter de sa situation présente (qui n’est pas satisfaisante), se préoccuper de changer en quelque chose ;

C. Participe passé, adjectif verbal marri.

Être marri : être désolé de quelque chose, attristé ou contrarié, fâché.

Contemner

Ce verbe transitif signifie « mépriser, exprimer son mépris pour quelqu’un ».

Étymologie : emprunté au latin contemnere, qui signifie « tenir pour négligeable, mépriser ».

Discepter

J’ai trouvé peu d’informations au sujet de discepter. Sa signification est « discuter, disputer ».

Étymologie : ce verbe vient du latin disceptare.

Condouloir (se)

Ce verbe réfléchi est a priori employé uniquement à l’infinitif (les différentes sources ne sont pas unanimes).

Il signifie « témoigner à quelqu’un que l’on prend part à sa douleur ».

Étymologie : ce verbe vient du latin condolere, de cum, « avec », et dolere, « avoir de la peine » : « souffrir ensemble », et en latin chrétien « compatir aux peines d’autrui ».

Passez un bon dimanche !

Le saviez-vous ? un/une espace ?

Bonjour !

Vous avez peut-être déjà rencontré le terme espace au féminin. Est-ce une erreur ? Pas du tout. En effet, le terme espace peut être masculin ou féminin selon le cadre dans lequel on l’emploie, mais surtout selon sa signification, d’où la présence de deux entrées dans le Petit Robert.

Ainsi, l’espace au sens de « lieu » est masculin : un espace vital, un espace aérien, etc.

La seconde signification du terme espace, cette fois-ci au féminin, renvoie au domaine de la typographie : dans cette terminologie, on parle d’une espace. Ce caractère typographique peut alors être une espace fine, une espace insécable, une espace sécable…

Il convient dès lors de savoir où et quelle espace placer dans la phrase… Si cela vous intéresse, je vous ferai un récapitulatif dans un autre article.

Bonne journée !

Petit point lexical : pataquès

Aujourd’hui je souhaite mettre les points sur les « i » concernant la signification d’un terme galvaudé : pataquès.

Tout d’abord, il existe une variation graphique : « pat-a-qu’est-ce ».

Ce substantif masculin est un terme souvent employé à tort et à travers.

Si Le Petit Robert distingue deux acceptions, les autres ouvrages que j’ai consultés (Le Petit Larousse, le Cnrtl, le dictionnaire de l’Académie française, le Jouette) sont plus prolixes.

Je distinguerai donc trois acceptions :

  • Il s’agit d’une faute de liaison dans la prononciation. Plus généralement, on fait entendre une consonne qui n’existe pas à la finale du mot précédent.

Exemples : huit (z) enfants / il viendra-t-à Paris (Jouette).

  • Par extension, un pataquès est une faute, un discours confus, une incorrection de langage. Son synonyme est alors « galimatias ».
  • Par analogie, ce terme est familier quand il signifie « faute de tact », « impair ».

Ajoutons à cette énumération qu’un pataquès renvoie également à une situation embrouillée, dans un registre familier. Faire tout un pataquès de quelque chose signifie alors en exagérer l’importance.

Enfin le dictionnaire de l’Académie française évoque, au XVIIIe siècle, une création plaisante imitant les liaisons fautives.

À bientôt !

Le saviez-vous ? « mot-valise »

Le mot composé mot-valise a été inventé par Lewis Carroll (1832-1898). Il s’agit du calque de l’anglais portmanteau word (Le Petit Robert).

Un mot-valise est un terme néologique fabriqué en rassemblant par leurs éléments communs deux mots différents (Michel Jarrety).

Voici pour exemple un vers de Jules Laforgue : « s’y crucifige » = « s’y crucifie » + « s’y fige ».

« Yeux des portraits ! Soleil qui, saignant son quadrige,

Cabré, s’y crucifige ! »

Plus récemment, nous pouvons citer le terme « courriel », formé des termes tronqués « courrier » et « électronique ».

Bonne soirée !

Un mot en vogue : le « vamping »

Bonjour !

Sur le Glamour en ligne du 14 mai dernier, j’ai remarqué un terme qui ne m’était pas familier ; il s’agit du vamping.

Sur le site, la phrase elle-même, « Souffrez-vous de vamping, l’insomnie des hyperconnectés ? », nous en donne la définition.

Par ailleurs, il s’agit là d’un mot-valise, formé du mot français « vampire » et du mot anglais texting, qui se rapporte au fait d’envoyer des textos. Le terme « vampire » quant à lui, outre l’idée d’un être suceur de sang, évoque à la fois la dépendance et l’avidité.

Toutefois, « vampiriser », selon le Petit Robert, c’est « vivre de la substance de quelqu’un qu’on a mis dans une totale dépendance ». Or là, les personnes hyperconnectées se vampirisent elles-mêmes. Nuance à souligner d’un point de vue plus linguistique.

À retenir : le vamping est ainsi une forme de maladie ou plutôt de trouble moderne qui, de surcroît, ne risque pas de s’amenuiser en cette période troublée (confinement, déconfinement).

Passez une bonne journée, lisez la presse !

Le saviez-vous ? « par contre »

Bonsoir,

Je me contenterai de quelques lignes ce soir. Car, vous le savez peut-être, l’usage de la locution adverbiale « par contre » est controversé ; on la remplace communément par la locution « en revanche ». Par exemple, j’ai travaillé pour une maison d’édition où il fallait traquer les « par contre » pour employer systématiquement « en revanche » à la place.

Si l’on effectue quelques recherches, ces deux notions s’avèrent non interchangeables. Tandis que la première (par contre) évoque l’idée d’opposition, la seconde (en revanche) joue davantage sur l’idée de contrepartie. Subtil.

Je vous en dis plus dès que mes recherches sont parfaitement au point.

Passez une bonne soirée !

Le « ne » explétif, c’est quoi ?

Aujourd’hui je vais vous expliquer quatre notions de grammaire que vous connaissez sans doute mais dont le sens demeure peut-être un peu flou.

Le « ne » explétif n’a dans la phrase ni rôle grammatical ni valeur négative. Il est également facultatif et s’emploie dans un registre plutôt soutenu. Exemple : Cet homme s’avère plus érudit que je ne le pensais.

Le « t » euphonique, placé entre deux traits d’union, n’a pas de fonction grammaticale ; il a pour seul rôle de faciliter la prononciation. Par exemple : Je vais voir ce que je peux faire, a-t-elle répondu.

On peut confondre incise et incidente. Voici leurs emplois respectifs.

L’incidente est une proposition insérée dans la phrase pour introduire un commentaire. Par exemple : Je sortirai ce soir, c’est sûr.

L’emploi de la proposition incise sert à rapporter les paroles ou les pensées de quelqu’un. Elle est toujours détachée par des marques écrites telles que virgules, tirets, parenthèses. Par ailleurs, on la reconnaît (et on la distingue ainsi de l’incidente) à l’emploi d’un verbe de pensée et à son sujet inversé. Exemple : Je sortirai ce soir, pensa-t-il.

Bon week-end !