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Un/une espèce de clown ?

Bonjour !

Le substantif espèce est féminin. C’est pourquoi, devant un nom masculin (et bien entendu devant un nom féminin) :

  • on ne dira pas « *un espèce de clown » ;
  • mais on dira « une espèce de clown ».

Petit truc pour s’en souvenir : remplacer le terme espèce par le terme « sorte ». En effet on dit « une sorte de » et non « *un sorte de ».

Il est toutefois important de noter que l’adjectif et le participe passé s’accordent avec le complément et non avec le terme espèce.

Exemples :

  • Une espèce de clown est sorti du chapiteau en titubant.
  • Une espèce de sorcière échevelée est entrée à l’improviste.

Bonne journée !

Le mot du lundi : salmigondis

Salmigondis est un substantif masculin.

J’ai découvert le terme salmigondis dans ma lecture du moment, La Cloche de détresse de Sylvia Plath :

« Chaque fragment de paysage n’avait aucun rapport avec le suivant.

            Quel salmigondis que le monde ! »

Que signifie exactement ce terme ?

  • le premier sens qu’il revêt est vieilli, il relève du vocabulaire de la cuisine. Il s’agit d’un ragoût composé de différentes viandes réchauffées (TLFi, CNRTL, Le Petit Robert, le Littré) ;

Notons toutefois en aparté que seul le Petit Larousse ne mentionne pas cette signification.

  • le second sens de salmigondis est familier et péjoratif. Le terme est au figuré :
  1. il s’agit d’un assemblage disparate, d’un mélange confus de choses ou de personnes.

Il se construit de la façon suivante : un salmigondis de + substantif pluriel.

Le Littré est plus précis : salmigondis se dit de choses qui n’ont ni liaison ni suite, de personnes réunies au hasard ;

2. il peut aussi être un ramassis d’idées, de paroles ou d’écrits formant un tout disparate et incohérent (synonymes : fatras, fouillis).

Enfin, l’étymologie de salmigondis ne me paraît pas très claire.

Pour le Petit Robert, ce terme est composé du radical sal, « sel » et peut-être de condire, « assaisonner ».

Selon le Littré, il pourrait s’agir du latin salgama, choses confites dans la saumure, et conditus, « assaisonné ». Toutefois le doute est permis et le Littré propose également salmis avec la syllabe gondis ou gondin qui serait de fantaisie.

Passez un bon lundi !

Quand j’emploie des mots surannés

Baladinages et paraphrastes

Chaque matin, j’envisage la journée qui se profile et je prie pour ne pas être considérée comme une guenuche coiffée ! Point de baladinages, je ne balivernerai pas non plus. Certes je ne suis guère une chipotière. Mon accortise pourtant n’est plus à prouver.

Le credo : ne pas rencontrer d’abuseur. Ni de biaiseur ! Et fuir les larmoyeurs ! Sinon, les monseigneuriser à seule fin de les confondre !

Même si cela n’est qu’une amusoire, je sors à l’ouïe de la musiquette.

Qui donc vais-je conjouir ce jour ?

Mais qui vois-je ? Cette apercevance n’est pas sans me contredire. Je risque d’être assotée, tant il est attiseur ! Il est aussi convoiteux… Mais par trop indévot. Je penserai indulgencier mon chapelet tout à l’heure. Je ne puis m’empêcher de brandiller des jambes… dont je dissimule pudiquement la charnure. J’imagine moult ébaudissements tout en taisant mon ergoterie. Je m’adonne au marinisme, au gongorisme, à l’euphuisme en somme ! C’est l’inverse lorsque l’on rencontre un Nestor, et non un Nicodème qui nigaude à tout va. Sans parler de sa médiocrité : un poétereau ne saurait me plaire !

Telle une dramatiste, je prie pour ne jamais me dépopulariser. Ma beauté est imployable… J’avoue ma propension à l’incorrigibilité. Philotechnique, outre mes atouts charnels, je joue persévéramment les paraphrastes.

Nul ne sait toutefois la futurition.